Une entreprise alsacienne a mis au point un nouveau procédé de traitement des déchets contenant plusieurs types de matières.

L’entreprise Metaufer, installée à Erstein (Bas-Rhin), est à l’origine d’une plate-forme de traitement des déchets complexes d’un genre nouveau. Elle permet en effet de trier ces détritus issus du broyage de vieux appareils électroniques ou encore de voitures sans aucune pollution. Une véritable révolution dans le domaine du recyclage car ces déchets sont pour l’instant particulièrement difficiles à traiter et à valoriser puisqu’ils contiennent plusieurs types de matières, notamment des métaux, du plastique ou du bois.

« Jusqu’à présent les déchets dits complexes étaient très finement broyés puis essentiellement traités par flottation, dans des bains », explique Philippe Gadouleau, PDG de l’entreprise alsacienne. Un procédé qui a fait ses preuves mais qui présente certains risques de pollution. Il implique d’ailleurs un traitement a posteriori des bains usées et par là même un surcoût pour l’entreprise. L’option du stockage en décharge sans traitement, également utilisée, ne peut quant à elle pas être considérée comme une solution viable et satisfaisante dans la mesure où elle ne permet pas de valoriser les détritus.

Valoriser les déchets

« Le procédé que nous avons mis au point permet de fractionner les déchets par composants grâce à un système de tri optique et électromagnétique qui n’engendre aucune pollution », précise Philippe Gadouleau. Une fois broyés, les différents types de matières sont séparés les uns des autres grâce à ce procédé qui utilise leurs propriétés physiques, tel leur magnétisme, leur densité ou leur granulométrie. Le tri puis le recyclage de ces déchets complexes en est donc grandement optimisé. « Nous réussissons à valoriser jusqu’à 95 % des déchets que nous traitons. La moitié est triée puis recyclée, le reste sert de combustible pour les chaufferies ou en cimenterie », indique Philippe Gadouleau.

Metaufer a investi 1,8 million d’euros dans ce système développé en interne et qui permet de traiter environ 8.000 tonnes de déchets complexes chaque année. La société espère désormais augmenter sa capacité de 50 % et vendre son procédé à d’autres entreprises du secteur.

Philippe Peter

France-Soir, jeudi 17 juin 2010

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