Le projet de loi sur le Grand Paris a été définitivement adopté hier par le Sénat. Il prévoit notamment la construction d’une double boucle de métro automatique autour de la capitale.

Sans surprise, le Parlement a entériné hier le projet de loi sur le Grand Paris après le vote favorable (179 voix contre 153) du Sénat obtenu dans la soirée. La veille, l’Assemblée nationale avait fait un premier pas dans le sens de l’adoption définitive de ce texte combattu par la gauche après le ralliement des quelques voix discordantes au sein de la majorité. Lancée en juin 2007 par Nicolas Sarkozy, fraîchement élu à la présidence de la République, et défendue bec et ongle par Christian Blanc, secrétaire d’État chargé du développement de la région capitale, l’idée d’un Grand Paris consiste à faire de l’agglomération parisienne une véritable métropole mondiale, à l’image de New-York, Londres ou encore Tokyo. Elle prévoit notamment la construction d’une double boucle de métro automatique autour de Paris longue de 130 kilomètres. Elle doit relier neuf « territoires de projet » (Plaine-Commune, Roissy, Orly, Saclay, Défense, Champs-sur-Marne, Évry, Seine-Oise et Montfermeil-Clichy-sous-Bois) et permettre ainsi la création d’un million d’emplois sur 15 ans. Un objectif jugé impossible à atteindre par la gauche.

Projet pharaonique

Cette double boucle de métro comportera une quarantaine de gares autour desquelles seront aménagés des quartiers entiers via la signature de « contrats de développement territorial » entre la future Société du Grand Paris (SGP) et les communes concernées. Problème : la SGP pourra intervenir sans contrat dans un rayon de 400 mètres autour des gares ce qui aura pour conséquence de former un « gigantesque gruyère urbanistique dont les trous feront au minimum 50 hectares », estime Annick Lepetit (PS).

Si le gouvernement fait valoir que ce projet pharaonique permettra de « retisser le lien entre Paris et sa banlieue » pour mieux « agir sur la cohésion sociale », l’opposition pointe du doigt son coût (estimé à 35 milliards d’euros, dont 21 milliards pour le nouveau métro) et son caractère « recentralisateur », selon Serge Lagauche (PS). De son côté, Christian Blanc s’est voulu rassurant. Il a annoncé que « le débat public et la concertation relatifs au réseau de Grand Paris pourront démarrer » dès septembre 2010. Ils concerneront la double-boucle, mais également l’Arc Exress, projet de métro automatique centré sur le cœur de l’agglomération. L’ensemble de ces travaux sont prévus pour commencer en 2013, avec une mise en service à l’horizon 2023.

Philippe Peter

France-Soir, vendredi 28 mai 2010

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