Le mythique porte-hélicoptères Jeanne d’Arc achève aujourd’hui sa dernière campagne à Brest. Un événement qui met fin à une carrière de près de 50 ans.

Elle a formé plus de 6.400 élèves officiers de la Marine nationale, mené à bien ses missions aux quatre coins du globe et porté haut les couleurs de la France durant près de 50 ans. C’est une véritable icône qui fera aujourd’hui une dernière fois son entrée dans la rade de Brest (Finistère). A 14h, le porte-hélicoptères et navire-école Jeanne d’Arc, seule unité de ce type à avoir été mis en service dans la Royale, bouclera sa dernière campagne. Une croisière d’adieux de six mois qui l’a mené autour du continent américain avec plusieurs haltes notamment à Fort-de-France (Martinique) et Québec (Canada) et qui s’est achevée par un retour triomphal en Europe, avec des escales à Hambourg (Allemagne) ou encore Rouen (Seine-Maritime).

La Jeanne, comme elle était affectueusement surnommée, procédera à son arrivée dans le port breton à un salut au canon avant de s’aligner le long du quai Malbert où quatre jours de festivités sont prévus. L’association Louis Carlesimo, qui organise des sorties pour les enfants atteints de maladie graves, réunira ainsi aujourd’hui dès 16h plusieurs artistes pour un concert en l’honneur de ce bateau qui lui avait, à plusieurs reprises, ouvert ses portes. Passionnés, nostalgiques et curieux pourront quant à eux visiter une dernière fois le vaisseau samedi et dimanche, de 9h à 16h.

Mis en chantier en 1959 à l’arsenal de Brest, le porte-hélicoptère est lancé deux ans plus tard. Initialement baptisé La Résolue, il devient la Jeanne d’Arc après son armement en 1964. Vétuste, usé, bourré d’amiante, la bateau était de fait en pré-retraite depuis 2004. Il rejoindra définitivement son quai à la base navale de Brest le 31 mai, date à laquelle débutera son désarmement. Une partie de l’équipage sera néanmoins maintenu à bord jusqu’à fin août pour des questions de sécurité. A l’issue de cette opération, la coque vide sera débaptisée et rayée des effectifs des forces d’action navale. Un marché public visant à répertorier les matières potentiellement dangereuses présentes à bord sera ensuite lancé ; puis un second, d’ici deux ou trois ans, pour le désamiantage et la déconstruction du vaisseau.

Tout ne sera toutefois pas passé au pilon. Plaque de baptême, ancre, ainsi que les nombreux cadeaux offerts lors des 800 escales et 84 pays visités depuis le lancement de la Jeanne seront conservés. La ville de Brest souhaite récupérer une partie du navire, de même que le musée de la Marine, à Paris.

Philippe Peter

France-Soir, jeudi 27 mai 2010

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