Cet automne, la filière laitière d’Ile-de-France va équiper certaines boulangeries de distributeurs de lait cru. Si le test s’avère concluant, 200 appareils de ce type pourraient être installés dans la région dès 2011.

Les distributeurs automatiques de sodas et de friandises installés dans les cafétérias ou les gares font aujourd’hui partie du paysage. Surfant sur la vague de leur succès, des appareils au fonctionnement similaire mais contenant du lait cru pourraient donc prochainement faire leur apparition dans les gares, les stations de vélib’ ou encore les supermarchés de la région parisienne. « Nous voulons permettre aux citadins d’acheter du lait frais facilement tout en faisant vivre les agriculteurs de la région », explique François Hallépée, directeur de la maison de l’élevage de l’Ile-de-France. « Collecter ce lait dans un rayon de 10 km autour de la capitale permettrait également de réduire le bilan carbone de la filière ».

L’idée n’est pas de vendre les distributeurs directement aux producteurs mais de mettre en place un réseau qui compterait, à terme, entre 150 à 200 machines. Celles-ci seraient ravitaillées par du lait préalablement collecté auprès d’éleveurs rassemblés au sein d’une société coopérative. Un projet ambitieux qui concerne 125 exploitations, 20 millions de litres de lait et 12 millions de consommateurs potentiels. « Ce système permettrait aux éleveurs de revaloriser leur travail car plus de la moitié de leur production est aujourd’hui achetée à bas prix par des industriels », assure Bénédicte Dupont du centre régional de valorisation et d’innovation agricole et alimentaire (Cervia). « Le litre de lait leur est payé entre 26 et 32 centimes à l’heure actuelle. Nous pensons pouvoir faire passer ce prix à 45 centimes ». Le projet a également pour ambition de prouver au consommateur que le lait cru a de meilleures qualités gustatives que son équivalent UHT. « Nous proposerons un produit de qualité, qui sera renouvelé chaque jour et dont le prix se situera aux alentours d’1,10 euro le litre », précise François Hallépée.

Une étude de marché est actuellement en cours pour déterminer exactement le potentiel de ce créneau en terme de consommation. Plusieurs boulangeries franciliennes seront ainsi équipées de distributeurs de lait cru dès cet automne. A 40.000 euros la machine, toute erreur serait en effet fort préjudiciable. « Il faudra vendre au moins 70 litres par jour pour que ce soit rentable. Mais nous espérons atteindre entre 120 et 150 litres », conclut François Hallépée.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 11 mai 2010

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