Une enveloppe de 20 millions d’euros va être débloquée pour soulager les entreprises conchylicoles et piscicoles touchées par la tempête Xynthia.

L’annonce était attendue avec impatience par les professionnels de la mer durement frappés par le passage dévastateur de la tempête Xynthia. Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a confirmé le déblocage d’une enveloppe de 20 millions d’euros destinée à soutenir les entreprises conchylicoles et piscicoles, comme le prévoyait un plan validé par la Commission européenne la semaine dernière.

Les fonds, qui seront reversés à l’ensemble des exploitants sinistrés de Charente-Maritime, de Vendée et de Gironde, « sont en train d’être débloqués au fur et à mesure que les dossiers nous parviennent », a indiqué le ministère. Il a précisé que le dispositif prévoyait « une aide au remplacement du matériel » qui devrait permettre « le redémarrage des exploitations sinistrées en complément des indemnités versées par les assurances », ainsi que « la mise en œuvre du fonds national de garantie des calamités agricoles pour compenser les pertes de coquillages ou de poissons ». Les charges financières des emprunts en cours devraient également être allégées afin de soulager les professionnels sinistrés.

La mesure a été accueillie avec satisfaction du côté du Comité national de la conchyliculture (CNC). « Cette somme répond à nos attentes et devrait être suffisante », explique Goulven Brest, président du CNC. « Le seul problème sera celui des délais de versement des aides », note-t-il toutefois.

Une sérénité que ne partage pas vraiment Frédéric Voisin, ostréiculteur à Loix-en-Ré (Charente-Maritime). « Nous avons tellement de travail ici que je n’ai pas encore eu le temps de faire mon dossier », assure-t-il. « En plus de cela, les assurances traînent des pieds et nous venons à peine de recevoir les indemnités pour les calamités de 2009, donc cette aide gouvernementale me paraît pour l’instant encore très lointaine ». Cet exploitant, qui évalue les dégâts sur ses deux exploitations à 300.000 euros, espère pourtant bénéficier de ce coup de pouce. Son assureur ne devrait en effet pendre en charge que deux tiers de la somme.

Un audit sur l’ostréiculture

Le Comité national de la conchyliculture a demandé aux pouvoirs publics un audit sur la situation de la filière ostréicole, après deux années de surmortalité touchant les jeunes huîtres creuses (voir notre édition du 6 mai 2010). Cette requête fait suite à la manifestation à Paris, avant-hier, d’ostréiculteurs du Morbihan. Après négociations avec le ministère de l’Agriculture et de la Pêche, ils avaient obtenu une aide de 100 millions d’euros afin de faire face à ce phénomène dévastateur.

Philippe Peter

France-Soir, vendredi 7 mai 2010

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