Comme le veut la tradition, le muguet sera samedi le cadeau à offrir à l’occasion de la fête du travail. 80 % des brins proviennent de la région de Nantes où une trentaine de producteurs se sont spécialisés dans la culture de la célèbre fleur blanche.

La trentaine de producteurs de muguet nantais peut avoir le sourire. Malgré un hiver rigoureux et un printemps qui s’est un peu fait attendre, la récolte de cette fragile fleur aux clochettes blanches sera excellente cette année. Ce sont ainsi près de 45 millions de brins qui ont été récoltés jusqu’à mercredi dernier et qui seront mis en vente le 1er mai. Retardée par un printemps froid et humide, la pousse tardive du muguet n’a néanmoins pas eu d’incidences sur ses qualités intrinsèques et, notamment, son délicat parfum si réputé.

Les maraîchers nantais produisent environ 80 % du muguet français ; les 20 % restant provenant de la région bordelaise. A noter que l’Hexagone exporte également ses fleurs en Belgique où la tradition du muguet existe également.

Légèrement en hausse, le cours de la fleur du 1er mai s’établit cette année entre 10,50 et 16 euros la botte de 50 brins pour une revente aux alentours d’un euro, chiffre symbolique.

Tradition ancienne

Associée depuis 1907 à la Fête du travail (créée en 1890), la tradition du muguet, qui, ne l’oublions pas, est une plante hautement toxique à manier avec une certaine précaution, remonte à la Renaissance. Utilisé jusqu’alors en médecine et en parfumerie, il devient une fleur porte-bonheur lorsque ses brins comportent chacun treize fleurs. C’est le roi de France Charles IX qui aurait, au milieu du XVIe siècle, popularisé sa culture qui s’est dès lors massivement développée dans la région de Nantes afin de répondre à une demande toujours croissante. L’avènement des congés payés ne fera que confirmer sa place de reine des fleurs du printemps. En 1982, le muguet est même devenu la fleur national de la Finlande.

Philippe Peter

France-Soir, vendredi 30 avril 2010

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