L’agglomération strasbourgeoise va tester pendant trois ans une centaine de voitures hybrides capables d’alterner propulsions thermique et électrique. Une première en Europe.

A cette échelle, l’expérience est inédite en Europe. Une centaine de voitures hybrides, qui disposent chacune d’un moteur à essence et d’un second fonctionnant à l’électricité, vont être testées dans l’agglomération strasbourgeoise. Lancé en début de semaine, cette vaste campagne s’étalera sur trois ans. Les véhicules équiperont les agents de la municipalité, ainsi que des salariés de La Poste et de plusieurs entreprises privées.

A l’origine du projet, le constructeur japonais Toyota qui avait lancé la première automobile hybride de série en 1997. La Prius, c’est son nom, s’est depuis vendue à plus de 2,3 millions d’exemplaires. Sa version modernisée, qui n’est pas encore commercialisé et qui sera donc éprouvé dans la capitale alsacienne, disposera d’un réseau de 150 bornes de recharge mis en place par EDF. Celles-ci ont été implantées sur la voie publique, dans des parkings souterrains, mais surtout dans les entreprises qui utiliseront ces nouveaux véhicules. A noter que les automobilistes pourront également faire le plein d’électricité sur une prise de courant classique. Dans les deux cas, cette manœuvre ne prendra qu’une heure et tente minutes. Un net progrès comparé au modèle initial dont les batteries ne se rechargeaient que lorsque le véhicule était propulsé par son moteur thermique.

Au-delà de son intérêt écologique – la Prius n’émet en moyenne que 59 g de CO2 par kilomètre parcouru, soit moitié moins que les véhicules à propulsion classique disposant à l’heure actuelle du meilleur bilan carbone – ce test grandeur nature permettra d’adapter au mieux le modèle aux besoins de ses utilisateurs. Les voitures seront ainsi équipées d’un dispositif d’enregistrement des fréquences des recharges et de l’autonomie réelle des batteries.

Petit bémol, inhérent aux limites des motorisations actuels : l’autonomie du véhicule hybride en mode électrique n’est que d’une vingtaine de kilomètres. Un faux problème pour le fabriquant qui précise que 75 % des trajets quotidiens font moins de 20 kilomètres. D’autant que la voiture peut ensuite passer en propulsion thermique.

Philippe Peter

France-Soir, mercredi 28 avril 2010

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