Le centre d’études techniques apicoles de Moselle va tenté de déterminer les méthodes à employer pour enrayer la hausse vertigineuse du taux de mortalité chez les abeilles.

Pesticides, pollution, disparition de leur milieu naturel : les raisons invoquées pour expliquer la hausse dramatique du taux de mortalité des abeilles sont multiples mais, pour l’instant, non encore avérées. Le centre d’études techniques apicoles de Moselle (Cetam) a donc décidé de prendre le problème à-bras-le-corps en commandant une analyse sur l’état sanitaire de ces insectes butineurs. Cette étude de grande ampleur, qui s’étalera sur trois ans, vise à établir une liste des comportements « éco-responsables » susceptibles d’enrayer le phénomène.

Pour ce faire, trois ruches seront implantées à Montois-la-Montagne, Richemont et Vigy, trois communes situées dans un rayon de trente kilomètres autour de Thionville (Moselle). Des tests seront régulièrement effectués sur des abeilles de ces colonies et des prélèvements des substances qu’elles fabriquent (miel, pollen, cire et gelée royale) seront analysés par des professionnels de l’apiculture et des chercheurs en écotoxicologie. Les résultats de ces travaux visent à améliorer les connaissances des chercheurs sur les conditions de vie des abeilles et leurs pathologies. Ils permettront également de déterminer les relations existantes entre leur milieu naturel, les conséquences de l’activité humaine sur leur mode de vie et le carnage constaté dans la plupart des ruches de France ces dernières années.

20.000 espèces végétales en danger

Il est aujourd’hui impératif de trouver une solution efficace dans la lutte contre la disparition accélérée des abeilles. Rappelons que leur taux de mortalité est passé en vingt-cinq ans de 3 % à 30 %, voire 50 % selon les régions. Des chiffres insoutenables lorsque l’on sait que ces petits insectes forment un maillon essentiel de la chaîne de reproduction de 80 % des espèces de fleurs. 35 % de l’alimentation humaine dépend de la pollinisation, qui est en grande partie assurée par ces mêmes abeilles. Plus de 20.000 espèces végétales risquent de disparaître si rien n’était fait pour stopper cette hécatombe.

Philippe Peter

France-Soir, samedi 3 avril 2010

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