Le philosophe français retrace avec brio et sobriété la vie du célèbre penseur Friedrich Nietzsche, un homme qu’il considère avant tout comme un « ami ».

C’est un très beau défi que se sont lancés Michel Onfray et son acolyte Maximilien Le Roy, jeune dessinateur d’à peine 25 ans, en s’attaquant à la vie tourmentée du philosophe allemand Friedrich Nietzsche. Et il faut bien le dire, le résultat est à la hauteur de la surprise tant l’ouvrage, sous-titré Se créer liberté, est une véritable claque graphique et stylistique. « J’avais préparé un scénario pour un éventuel film sur Nietzsche qui ne s’est jamais fait », raconte Michel Onfray, rencontré dans l’effervescence d’un célèbre café parisien. « Je l’ai transformé en livre sur lequel est tombé Maximilien. Il m’a par la suite envoyé quelques planches adaptées de mon texte et cela m’a immédiatement plu ». Les deux hommes ne se connaissent pas, mais le philosophe, novice en matière de BD, est séduit par « la scénographie poussée et le style » du dessinateur. « Il avait une telle façon d’animer les personnages et d’habiter les cases, avec un angle d’attaque très original que j’ai dit OK, allons-y », se souvient le philosophe.


Créer des passerelles

Michel Onfray a laissé son complice libre de ses choix, ne procédant qu’à quelques ajustements. « Maximilien s’est beaucoup investi en faisant des recherches » ou encore en allant faire des repérages sur les lieux traversés par le penseur allemand. Des efforts qui ont payé puisque l’imposant ouvrage (128 planches) captive par son dessin et sa mise en couleur très soignés. Satisfait par sa première expérience dans le neuvième art, Michel Onfray n’exclut pas d’y revenir prochainement. « Comme toujours, l’idée de proposer des passerelles menant à la philosophie m’intéresse. Après, c’est aux gens de les emprunter ».

Nietzsche – Se créer liberté, Onfray et Le Roy, Le Lombard, 128 p., 19 €

Philippe Peter

France-Soir, lundi 5 avril 2010

Publicités