Le tramway Rhônexpress reliera bientôt Lyon à l’aéroport Saint-Exupéry. Cet équipement a la particularité d’être la première ligne privée de transport construite en France depuis près de vingt ans.

Le chantier du tramway rapide Rhônexpress est pratiquement achevé. Attribuée en 2006 au groupement formé par Vinci, Veolia et la Caisse des Dépôts, cette ligne privée de transports, la première construite en France depuis près de vingt ans, doit entrer en service en août prochain. Elle reliera la gare de Lyon Part-Dieu à l’aéroport Saint-Exupéry – situé à une vingtaine de kilomètres du centre-ville – en 25 minutes et à une vitesse moyenne de 100 km/h.
Abandonné en France après 1945 et la nationalisation de la plupart des réseaux de transports, le système de concession de ce type d’infrastructures à des groupes privés chargés de les construire et de les exploiter sur une période donnée est à nouveau en vogue depuis quelques années. En cause, le manque de moyens qui poussent les élus à opter pour un « partenariat public-privé » plutôt que pour l’abandon pur et simple d’un projet qui, en d’autres temps, n’aurait pu être financé que par de l’argent public.

Plus cher que le bus

Rhônexpress deviendra ainsi la première ligne privée de transports en France depuis l’échec cuisant d’Orlyval – un métro automatique menant à l’aéroport d’Orly aujourd’hui géré par la RATP – et les déboires d’Eurotunnel, au début des années 90. Veolia, Vinci et la Caisse des Dépôts ont signé un contrat de concession de trente ans et déboursé environ 120 millions d’euros pour l’ensemble de l’opération qui comprenait notamment la construction de neuf kilomètres de voies entre Meyzieu (terminus du tram T3 qui relie cette commune de l’agglomération lyonnaise à la Part-Dieu) et l’aéroport Saint-Exupéry. Rhônexpress espère rapidement attirer un million de passagers par an, malgré des tarifs nettement plus élevés que ceux du bus qu’il remplacera (14 euros contre 8,90 euros).
D’autres projets similaires ont récemment abouti, notamment celui du tram de Reims. Autre exemple, l’attribution avant-hier de la construction et de l’exploitation de la ligne TGV Tours-Bordeaux à Vinci.

Philippe Peter

France-Soir, jeudi 1er avril 2010

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