Les hôteliers et restaurateurs du Cantal éprouvent les plus grandes difficultés à trouver des repreneurs pour leurs commerces. Ils se sont donc décidés à venir débaucher leurs successeurs… à Paris !

Vous rêvez d’une autre vie ? De vous installer dans une région tournée vers la nature, la vraie, et d’y entamer un nouveau projet professionnel ? Le Cantal est pour vous. C’est du moins le message que cherchent à faire passer 60 propriétaires de cafés, restaurants, hôtels et gîtes du département. Ces chefs d’entreprises, qui partent à la retraite, s’exilent ou changent tout simplement de métier, éprouvent des difficultés à trouver des repreneurs pour leurs commerces. Du coup, avec le soutien du réseau de cabinets d’affaires Michel Simond et celui de la Chambre de commerce et d’industrie du Cantal, ils participent à la journée « Le Cantal vous invite à sa table » qui se déroule aujourd’hui, de 10 heures à 17 heures, au Cercle républicain (*). Objectif : trouver, à Paris, des repreneurs potentiels. L’idée peut sembler saugrenue. De plus en plus de citadins en mal de verdure décident pourtant de tout lâcher pour s’installer ailleurs, loin du stress et des affres de la ville.

Développement touristique

Le Cantal, région agricole, souhaite bénéficier de cette « exode urbaine » pour renouveler sa population faible (environ 150.000 habitants) et vieillissante. L’enjeu est de taille puisque ces nouveaux arrivants seront invités à participer au développement économique de ce territoire grand comme 55 fois Paris. Le département mise en particulier sur ses sites naturels et historiques pour continuer à dynamiser un tourisme en plein essor. Dans cette optique volontariste, disposer d’un réseau d’hôtellerie et de restauration dense est essentiel. Si l’on ajoute à cela le fait que les cafés et les auberges sont souvent les derniers lieux de convivialité de communes géographiquement isolées, on comprend mieux la portée de la démarche.

La soixantaine d’affaires proposées, dont la valeur est estimé entre 40.000 et 1 millions d’euros, sont toutes économiquement viables, selon les organisateurs de la journée de recrutement, qui ont travaillé en partenariat avec le Pôle emploi. Reste désormais à séduire des Parisiens souvent très attachés à leur vie trépidante quoique parfois oppressante.

(*) 5 avenue de l’Opéra, métro Pyramides (ligne 14)

Renseignements : www.cantal.cci.fr

Philippe Peter

France-Soir, mercredi 31 mars 2010

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