En 2012, Besançon sera la première agglomération française à faire payer aux habitants la collecte de leurs déchets en fonction de leur poids. Ceux qui joueront le jeu en réduiront d’autant leur facture.

C’est une véritable petite révolution que vont bientôt vivre les 180.000 habitants des 59 communes de la communauté d’agglomération du grand Besançon (CAGB). A partir du 1er janvier 2012, ils paieront la collecte de leurs déchets ménagers en fonction du poids de leurs poubelles. La préfecture du Doubs deviendra ainsi la première grande aire urbaine française à mettre en place le principe de « redevance incitative » que remplacera avantageusement celui de la taxe forfaitaire payée. Jusqu’alors, ce système n’avait jamais été appliqué à grande échelle, mais seulement utilisé dans quelques zones rurales et péri-urbaines (huit communautés de communes de moins de 20.000 habitants l’ont déjà adoptée).

Le principe de la pesée des ordures ménagères est relativement simple : plus on produit de déchets, plus on paie. Et inversement. Pour les promoteurs de cet ambitieux projet, l’objectif est double. Il s’agit tout d’abord de favoriser la réduction des déchets, à la fois en amont (en incitant par exemple les achats en gros, moins gourmands en emballages) mais également en aval (en développant l’utilisation de composteurs). Peser les déchets non-triés c’est aussi favoriser le recyclage. Un peu par la force certes, mais les Bizontins y seront au final gagnants puisqu’ils paieront moins pour le ramassage de leurs poubelles. A condition bien sûr qu’ils jouent le jeu à plein.

Pesée au moment de la collecte

La redevance incitative sera constituée à environ 50 % d’une part fixe, 40 % de la part de la pesée et 10 % d’une part variable calculée selon la fréquence d’enlèvement des ordures. Les 40.000 poubelles de l’agglomération seront équipées de puces qui permettront de les identifier lors de leur pesée par les véhicules de collecte. Un procédé qui avait été éprouvé dès 1999 par la communauté de communes de la Porte d’Alsace et celle du Pays de Ribeauvillé, deux territoires pionniers en la matière.

La CAGB, qui collecte chaque année environ 85.000 tonnes de déchets pour un coût de 66 euros par habitant, espère voir diminuer les ordures ménagères résiduelles de 35 % en habitat pavillonnaire et de 12 % en habitat collectif à l’horizon 2014. La mise en place du dispositif, subventionné par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, est estimé à 2,3 millions d’euros.

Romain Bourg et Philippe Peter

France-Soir, mardi 30 mars 2010

Publicités