Bordeaux-Euratlantique est officiellement lancé. Sous cette désignation baroque se cache l’ambitieux projet de transformer la préfecture de Gironde en un centre d’affaires international.

Audacieux. Et encore, c’est un euphémisme tant l’objectif poursuivi par l’établissement public d’aménagement de Bordeaux-Euratlantique, dont la création vient tout juste d’être entérinée, apparaît comme une petite révolution dans la région. D’ici 2030, il est en effet chargé de l’aménagement, du renouvellement urbain et du développement économique d’une zone de 738 hectares comprenant la ville de Bordeaux, mais également les communes voisines de Bègles et Floirac. 2,5 millions de m² de surface utile devraient ainsi voir le jour, répartis en 500.000 m² de bureaux et 15.000 logements. Des dizaines de commerces et d’équipements publics seront également construits. A terme, cette opération classée d’intérêt national a pour but de doter l’agglomération girondine de nouveaux quartiers et, surtout, d’un centre d’affaires au rayonnement international. A terme, le centre ville devrait gagner 30.000 habitants. Les promoteurs de ce chantier pharaonique espèrent également la création de 20.000 emplois.

Bordeaux-Euratlantique a vu le jour peu après la validation du projet de ligne à grande vitesse (LGV) Paris-Bordeaux qui doit entrer en service en 2016. Les deux villes seront alors reliées en à peine deux heures, un temps record quand on sait qu’il faut aujourd’hui 3h20 pour effectuer le même trajet. Mieux, la prolongation de cette ligne jusqu’à Madrid et Lisbonne permettra de désenclaver la péninsule ibérique qui se trouvera à portée de TGV de Bruxelles ou encore Londres. Bordeaux sera dès lors idéalement placée, à mi-chemin entre les capitales européennes de la façade atlantique. Signalons qu’une autre LGV doit également relier la cité girondine à Toulouse (en une heure), bouclant ainsi le réseau ferré entre l’Aquitaine et le pourtour méditerranéen.

L’ensemble de ces chantiers devrait effectivement dynamiser le sud-ouest de la France. De là à faire de Bordeaux un centre d’affaires international, il n’y a qu’un pas que les décideurs politiques locaux ont franchi avec un franc optimisme. Reste que les centres névralgiques traditionnels sont toujours très puissants et la concurrence avec d’autres grands pôles économiques français naissants (Marseille, Lyon ou encore Strasbourg) particulièrement rude.

Philippe Peter

France-Soir, lundi 29 mars 2010

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