La leptospirose, une maladie transmise par l’urine des rats, a refait son apparition à Marseille. La mauvaise gestion des déchets pourrait en être indirectement la cause.

Alors que les beaux jours reviennent à Marseille, une énième grève des éboueurs a récemment encombré à nouveau les rues de la cité phocéenne d’immondices nauséabonds. Pour le plus grand bonheur des rats dont la population prolifère. Du coup, deux cas de leptospirose, une maladie transmise par l’urine de ces rongeurs nuisibles, y ont très récemment été diagnostiqués. Les patients résidaient dans le 1er arrondissement, un quartier modeste en plein cœur de la vieille ville. Proche du port, il est régulièrement pointé du doigt pour ses problèmes d’insalubrité. Un enfant a également été infecté à Martigues.

« La leptospirose est courante dans les pays pauvres, chauds et humides où les rats sont très nombreux », explique le professeur Didier Raoult, chef de l’unité des rickettsies (type de bactéries qui comprend notamment le typhus murin) à la faculté de médecine de Marseille (Bouches-du-Rhône). « En France, elle ne touche généralement que les égoutiers, très exposés aux rats, ainsi que les vacanciers qui se baignent l’été dans les eaux stagnantes. Les cas de leptospirose urbaine sont extrêmement rares. A Marseille, le dernier remonte à une dizaine d’années ». L’apparition d’une variante endémique à cette maladie inquiète donc au plus au point les spécialistes.

Maladie mortelle

Les principaux symptômes de l’infection sont de fortes fièvres, des douleurs musculaires ou encore des maux de tête qui peuvent à terme déboucher sur une méningite, une insuffisance rénale voire une hépatite. Un peu plus de 200 cas ont été recensés l’année dernière en France par le centre national de référence des leptospires. Si les patients ont tous pu être soignés à temps, cette maladie potentiellement mortelle ne doit pas être prise à la légère. « Le problème est que les personnes infectées pensent souvent qu’il s’agit d’une grippe », déplore Didier Raoult qui estime par ailleurs qu’il existe « un réel risque infectieux ». La prolifération des rats est « un problème de santé publique » qu’il est urgent de régler. Si l’ensemble de la population phocéenne est concerné, les personnes les plus exposées sont les sans-domicile qui côtoient malheureusement quotidiennement les rats.

Philippe Peter

France-Soir, samedi 20 mars 2010

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