Tous les supports inutilisés mais bien exposés sont bons pour recueillir l’énergie solaire. La région Languedoc-Roussillon a ainsi décidé d’équiper onze lycées de l’Aube de toitures photovoltaïques.

Alors que la construction de la future plus grande centrale solaire de France a été mise sur les rails à Toul-Rosières, en Meurthe-et-Moselle (d’une puissance de 143 mégawatts/crête, elle devrait entrer en service en 2012), des projets plus modestes fleurissent au niveau local, en particulier dans le sud de la France qui bénéficie, on s’en doute, d’un ensoleillement plus généreux que le reste de l’Hexagone. La région Languedoc-Roussillon avait il y a quelques mois lancé un appel d’offre pour le financement, la conception, l’installation et l’exploitation de toitures photovoltaïques sur onze lycées du département de l’Aude. Concours que vient de remporter l’entreprise Sunnco, l’un des groupes leaders dans ce domaine en France.

Modeste projet ? Pas tant que cela, puisqu’il prévoit de couvrir 23.000 m² de toits avec des panneaux photovoltaïques polycristallins (moins cher que le monocristallin et mieux adapté aux climat méditerranéen) qui alimenteront des centrales d’une puissance totale cumulée de 3 mégawatts/crête (MWc, soit l’unité de mesure de la puissance d’une installation de ce type). Pas de quoi rougir face aux 7 MWc de la centrale de Narbonne, actuellement la plus grande de France. La production électrique de ces aménagements est évaluée à environ 3.500 mégawatts/heure (MWh, soit l’énergie produite en une heure), ce qui correspond à la consommation moyenne de 1.400 foyers. Elle sera revendue à EDF.

20 millions d’euros

Côté impact écologique, les études prévoit que l’ensemble de ces installations permettront une économie d’émission de CO2 de 1.100 tonnes, ce qui n’est, là encore, pas négligeable. Le coût total de ce projet, dont la construction doit commencer fin 2010 pour une mise en service un an plus tard, est estimé à une vingtaine de millions d’euros, pris en charge intégralement par Sunnco. L’entreprise deviendra de fait locataire des toits équipés et versera à ce titre au conseil régional de Languedoc-Roussillon une redevance annuelle d’environ 113.000 euros.

L’entreprise maîtresse d’œuvre du chantier prévoit également d’installer dans chaque établissement scolaire un moniteur afin que les élèves puissent suivre en temps réel la production électrique de la centrale photovoltaïque qui campe sur le toit de leur lycée. Une façon de leur faire prendre conscience de l’importance et de la portée du projet. Sunnco a en outre annoncé la création « très rapidement » de vingt emplois dans la région, directement liés à ce projet ambitieux.

Philippe Peter

France-Soir, mercredi 10 mars 2010

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