Le projet de création de deux LGV reliant Bordeaux à Toulouse et à l’Espagne fait l’objet d’une opposition croissante de la part de militants écologistes et d’élus de tous bords.

« Non au tout LGV. Oui au rail régional », « Les Landes ne sont pas à vendre » ou encore « Argent public gaspillé ». Les slogans ont fusé samedi à Nérac (commune située à une trentaine de kilomètres au sud-ouest d’Agen) où s’étaient rassemblés entre 2.000 et 5.000 opposants au projet de création de deux lignes à grandes vitesse (LGV) reliant Bordeaux à Toulouse et à l’Espagne. Le cortège, qui comptait dans ses rangs des défenseurs de l’environnement, des riverains et des représentants de partis politiques – dont Europe Écologie et le Nouveau parti anticapitaliste – a exprimé son opposition ferme et décidée à la création de ces deux lignes, baptisées Grands projets du Sud-Ouest (GPSO), qui viendraient, à l’horizon 2020, prolonger la LGV Tours-Bordeaux qui doit quant à elle entrer en service en 2016.

« J’espère qu’ils [les responsables politiques partisans de l’idée] entendront la voix des citoyens », a indiqué Gérard Charollois, président de l’association Vie et Nature. Rien n’est moins sûr puisque l’État, Réseau ferré de France et les grande collectivités locales du Sud-Ouest, promoteurs de ce projet, semblent désormais bien déterminés à le voir aboutir. Les quatre premiers tracés envisagés ont en effet tous été rejetés… mais en interne, par les conseillers régionaux eux-mêmes ! Un cinquième itinéraire doit être présenté en mai, mais n’est, là encore, pas certain d’obtenir l’adhésion de tous les élus. Une situation ubuesque qui pimente encore un peu plus une affaire pour l’instant au point mort.

Modernisation de la ligne

Divisés sur le sujets, les artisans de la LGV Sud-Ouest a donc accueilli avec froideur la nouvelle de la création il y a quelques semaines d’ALTernative LGV, une association « d’élus de gauche comme de droite » coprésidée par Raymond Girardi, président (app. communiste) de la communauté des communes des Coteaux et Landes de Gascogne et par Bernard Faucon-Lambert, président (DVG) de la communauté de communes du Val d’Albret. Ce groupement d’élus locaux – qui ne pèse, il est vrai, que 25.000 habitants – estime le projet inutile et démesuré. Il prône une modernisation de la ligne existante, qui ferait passer la vitesse de pointe des trains de 160 à 220 km/h. Une solution qui aurait l’avantage de diviser la note par sept, le coût des travaux étant estimé à un milliard d’euros « seulement ». Quoi qu’il en soit, les opposants ne semblent pas prêts à lâcher du lest puisqu’une nouvelle manifestation est prévue le 20 mars, à Montauban.

Philippe Peter

France-Soir, lundi 8 mars 2010

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