La jument Sun Edika a pouliné en avril dernier deux jumeaux, un cas de figure exceptionnel. Désormais hors de danger, ils peuvent être approchés par les curieux.

« Le vétérinaire m’avait prévenu que cette grossesse présentait de nombreux risques, à la fois pour la mère et les petits. Nous avons finalement décidé de ne pas faire avorter la jument, mais quelle angoisse durant les onze mois de gestation ! », se souvient Magali Demeyere, encore marquée par l’incroyable histoire de Fa Ritz et Fa Lakila. Ces deux poulains, un mâle et une femelle, sont nés en avril dernier, « au moment même où la terre tremblait à L’Aquila, d’où le nom de la pouliche ». Ils peuvent être considérés comme de véritables miraculés. Leur mère, Sun Edika, enceinte de jumeaux, n’avait en effet qu’une chance sur 35.000 de donner naissance à deux bébés vivants. Les risques de mortalité pour les trois animaux sont si élevés dans ce cas de figure que les propriétaires préfèrent en général faire avorter la maman. « Souvent, les petits meurent dans le ventre de leur mère ou peu après leur naissance. Ces deux-là ont eu beaucoup de chance » explique l’éleveuse de purs-sangs arabes installée depuis 1996 à Sainte-Alvère, à 35 kilomètres de Périgueux. Surprotégés par leur propriétaire depuis leur naissance, les deux poulains ne sont sortis que deux fois de leur haras pour des concours. Désormais hors de danger, ils peuvent depuis peu être approchés par les nombreux curieux intrigués par cette événement unique.

Soignée au reiki

« Nous avons détecté la présence de deux fœtus dès la première échographie, au bout de 17 jours », raconte Magali Demeyere. « Le problème est que nous ne pouvions pas faire resaillir la poulinière car notre mâle était parti en endurance. Nous avons donc décidé de ne pas la faire avorter, tout en la surveillant de près ». Pour soulager sa pouliche, l’éleveuse pratique avec elle le reiki, une médecine japonaise basée sur des soins énergétiques par imposition des mains. « Je crois aux anges », avoue-t-elle. A croire que cette technique a fonctionné puisque les trois animaux se sont sortis indemnes.

La mise bas s’est bien passée, mais les petits étaient faibles, en particulier le poulain, qui ne pesait alors que 30 kilos. « Il a du être ranimé car il était inconscient. Nous l’avons secoué et frictionné avec du vinaigre de la réserve de mon père qui datait de 1945 ! Finalement, je lui ai placé un chiffon imbibé sous les naseaux, il a éternué et c’était bon, il était sorti d’affaire ».

Rapidement rétablis, les jumeaux ont terminé troisième au championnat d’Aquitaine, en mai, puis quatrième au concours national qui se tenait à Vichy en août. Élégant et typé, Fa Ritz a toutes les qualités requises pour faire un bel étalon. Sa sœur jumelle, Fa Lakila, devrait quant à elle se destiner à une carrière de poulinière, comme sa mère.

Philippe Peter

France-Soir, jeudi 4 mars 2010

Publicités