Fermé en novembre 2008, le Zoo de Vincennes devrait rouvrir ses portes au printemps 2014 après d’importants travaux de rénovation.

La réputation du Parc zoologique de Paris, appelé couramment Zoo de Vincennes, n’est plus à faire. Elle dépasse même les frontières de la capitale, au même titre que celle de son non moins célèbre acolyte, le Jardin des Plantes. Situé à deux pas du Bois de Vincennes, l’un des poumons verts de la métropole parisienne, le parc animalier attirait jusqu’à sa fermeture en novembre 2008 plusieurs centaines de milliers de visiteurs chaque année, séduits par son calme et sa richesse.

Dernière ce prestige de façade, le parc zoologique de Paris, inauguré en 1934, allait pourtant très mal. Il avait très peu changé depuis sa création et son état s’était malheureusement considérablement dégradé. Aucuns travaux significatifs de restauration n’avaient jamais été entrepris, hormis celle du grand rocher artificiel en béton de 65 mètres de haut qui trône en son milieu.

Âpres négociations

Après des années d’âpres négociations, le projet de rénovation de cette ménagerie urbaine de 14,5 hectares, dont le montage financier complexe a plusieurs fois retardé son bouclage, va finalement enfin aboutir. Un partenariat public-privé entre le Muséum d’histoire naturelle, gestionnaire du site, et le groupe Chrysalis a en effet été signé mercredi dernier, au grand soulagement des employés du parc qui avaient, durant les cinq dernières années, plusieurs fois manifesté leur inquiétude quant au devenir du site. Filiale de la Caisse des Dépôts et de Bouygues, Chrysalis s’est engagé à financer la restauration et le réaménagement du zoo, dont le coût total est estimé à 130 millions d’euros. Il assurera également son entretien durant 25 ans et recevra en contrepartie une redevance de 12 millions d’euros par an, assise sur les entrées et versée par le Muséum d’histoire naturelle qui conservera quant à lui la direction effective et scientifique de l’établissement.

Invitation au voyage

L’organisation du zoo sera totalement repensée. Plus question d’en faire un lieu de distraction où les animaux sont exposés tels des produits étalés en tête de gondole des rayons de supermarché. L’objectif est d’en faire un espace « qui sera à la fois un lieu de conservation animale et une invitation au voyage », explique Bertrand-Pierre Galey, directeur général du Muséum national d’histoire naturelle. Une mise en scène pédagogique permettra ainsi au visiteur de mieux comprendre les relations existantes entre les différentes espèces animales et végétales.

Pas question donc d’effectuer un simple lifting. Pour présenter un nouveau visage à la fois moderne et instructif, les principales installations du Zoo de Vincennes seront purement et simplement rasées, hormis le grand rocher, qui sera une nouvelle fois réhabilité. A leur place, six zones de vie représentant autant de régions du globe verront le jour. L’idée étant de faire évoluer les animaux dans leur milieu naturel, reconstitué de la manière la plus fidèle possible. Une « zone Europe » accueillera ainsi des loups, des lynx ou encore des gloutons (famille de la belette). Si les manchots et les otaries retrouveront leur place dans ce nouveau parc animalier, les éléphants et les ours n’y remettront quant à eux plus les pattes car leurs besoins d’espace sont trop importants.

Les travaux devraient débuter en septembre 2011, pour un retour progressif des animaux – actuellement dispersés dans plusieurs zoos de Paris, Edimbourg et même Alger – dès l’automne 2013. Le nouveau Zoo de Vincennes ouvrira finalement ses portes au public au printemps 2014.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 2 mars 2010

Publicités