Des restes de dinosaures ont été découverts dans une carrière à Angeac-Charente, près d’Angoulême. Les paléontologues s’attendent à mettre à jour un gisement plus important.

Des paléontologues ont dégagé des ossements d’un ou plusieurs grands dinosaures du groupe des sauropodes dans une carrière d’Angeac-Charente, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Angoulême. Les premiers vestiges ont été récupérés en janvier, mais l’annonce de leur mise à jour n’a été faite qu’en début de semaine par Jean-François Tournepiche. « C’est une découverte majeure à l’échelle nationale », a indiqué le conservateur chargé de l’archéologie au musée d’Angoulême. « On est sûr que le site est très riche, très intéressant scientifiquement et étendu sur plusieurs centaines de mètres carrés ».

Ces restes, particulièrement nombreux, proviennent de couches fossilifères remontant au crétacé inférieur. Elles sont âgées de 135 millions d’années, une époque à laquelle les grands reptiles règnent en maîtres sur notre planète. Malgré leur âge très avancé, ces ossements se trouvent dans un très bon état de conservation qui est vraisemblablement lié à l’environnement dans lequel ils ont été conservés. Préservés sous des strates d’alluvions du quaternaire épaisses d’environ cinq mètres, les couches où se trouvent les fossiles de dinosaures sont noyées dans une nappe phréatique et sont couverts par deux mètres d’eau.

Gros lézards de 20 mètres

Ce n’est pas la première fois que cette carrière d’Angeac-Charente livre un témoignage de ces temps reculés. En 2008, une vertèbre attribuée à un dinosaure de la même espèce, y avait déjà été découverte. « Cette grosse vertèbre nous a mis sur la piste d’un site à dinosaure », a d’ailleurs confié le conservateur du musée d’Angoulême où une partie des vestiges dégagés jusqu’à présent sur le site seront présentés au public.

Aucun squelette complet n’a pour l’instant été trouvé, mais les paléontologues ont néanmoins déjà abondamment rempli leurs besaces. Parmi les ossements qu’ils ont découvert et qui appartiennent à un ou plusieurs sauropodes, des gros lézards dont la longueur pouvait atteindre 20 mètres, on trouve des vertèbres, des métapodes (os de la patte) ou encore un fémur. D’autres restes de dinosaures carnivores, de crocodiles, de tortues et de bois pétrifié ont également été récupérés. Un détail qui compte puisqu’il est synonyme de biodiversité et qu’il va permettre aux spécialistes comme Jean-François Tournepiche « d’étudier le milieu » dans lequel évoluaient ces immenses animaux mystérieusement disparus il y a 65 millions d’années.

Tout reste à faire

La besogne des enquêteurs ne fait d’ailleurs que commencer puisque « toute l’étude scientifique reste à faire, un énorme travail de fouilles et d’analyses » indique Jean-François Tournepiche. La carrière d’Angeac-Charente est l’un des plus importants gisements d’os de grands dinosaures herbivores en France. Selon Didier Néraudeau, professeur de paléontologie à l’université de Rennes I et spécialiste du crétacé, l’Hexagone ne compte d’ailleurs que deux zones géographiques d’où ont été extraites de grandes quantités d’ossements de sauropodes. Il s’agit de l’Aude et de ses départements voisins ainsi que des Charentes où avait déjà été exploitée la carrière de Champblanc de 2002 à 2007, située sur le territoire de la commune de Cherves-Richemont (à une petite dizaine de kilomètres de Cognac). Il est considéré comme l’un des sites fossilifères les plus riches du crétacé inférieur.

Ph. P.

France-Soir, samedi 27 février 2010

Publicités