Cinq entreprises sont désormais en lice pour équiper l’agglomération parisienne d’un service de voitures électriques en libre accès dont le lancement est prévu pour l’automne 2011.

Ambitieux. C’est certainement le terme qui qualifie le mieux l’Autolib’, un projet de service de voitures électriques en libre accès voulu à tout prix par Bertrand Delanoë. Décriée, notamment par les Verts, l’idée du maire de Paris a pourtant franchi une nouvelle étape la semaine dernière et semble désormais sur la bonne voie. Le syndicat mixte chargé de sa mise en œuvre a en effet reçu la candidature de cinq prestataires, en réponse à son appel d’offre lancé le 10 décembre dernier. Au pool comprenant Avis, la RATP, la SNCF et Vinci Park, qui s’était manifesté voici plusieurs semaines, se sont ajoutés Interparking (société belge de location de places de parking), Bolloré, Extelia (filiale du groupe La Poste) et le groupement VTLIB’ (Veolia transport urbain). Un sixième postulant a du être écarté car son dossier avait été déposé trop tardivement. Une moisson plus qu’honorable pour un projet que beaucoup jugent à la fois irréalisable et non-rentable.

Le syndicat mixte Autolib’, qui regroupe 30 communes franciliennes, s’est bien entendu réjouit de ce résultat encourageant. Il va désormais étudier chaque proposition et décider, d’ici le 18 mars, quelles candidatures seront retenues pour présenter, en juin, une offre plus détaillée comprenant l’ensemble des prestations de mise en œuvre, de gestion et d’entretien du réseau. Tout reste donc encore à faire pour transformer l’essai.

Lancement en 2011

Petit frère du Vélib’, l’Autolib’ aura pour but d’inciter les Franciliens à renoncer à leur voiture personnelle en mettant à disposition des véhicules électriques respectueux de l’environnement en libre accès. Ces quatre-roues, dont l’usage ponctuel est censé revenir moins cher que celui d’une automobile individuelle, seraient par ailleurs en mesure de se substituer à cinq voitures privées, selon une étude datant de 2007. Le réseau, qui devrait être lancé au courant de l’automne 2011, comptera 3.000 véhicules accessibles dans 1.000 stations, dont 300 installées hors de Paris dans 30 communes. Le service doit fonctionner 24h/24 et sans réservation. Innovant, ce service souffre néanmoins d’un lourd handicap : son coût. Les investissements nécessaires seront en effet très lourds, notamment en ce qui concerne les véhicules. A titre de comparaison, la F-City, qui équipera le réseau de voitures en libre accès de Montbéliard (voir notre édition d’hier) d’ici 2011, coûte environ 30.000 euros pièce. Et le modèle qui sillonnera bientôt les rues de la capitale devrait se situer dans la même fourchette de prix. L’ampleur du projet et l’objectif de propreté qu’il poursuit sont à ce prix.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 23 février 2010

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