L’entreprise Biothermie a développé un procédé de transformation des graisses et huiles animales en bio-combustible. Son invention a récemment été primée au salon Pollutec, à Paris.

Les graisses et huiles d’origines animales, généralement considérées comme des déchets, pourraient bientôt remplacer en partie le traditionnel fioul de chauffage. En effet, avec la flambée du prix du pétrole, de nombreuses solutions alternatives à ce combustible fossile deviennent rentables. L’une d’elles, développée par l’entreprise Biothermie, implantée à Vannes, propose justement d’alimenter des chaudières avec un bio-combustible fabriqué à partir de déchets graisseux. Ces derniers sont placés dans un déphaseur à lamelles, un appareil qui permet d’en extraire une huile quasiment pure. Celle-ci est ensuite transformée en combustible à la suite d’une réaction chimique. Une technique qui permet à ses utilisateurs – en l’occurrence des professionnels du secteur, par exemple des boucheries artisanales – de faire des économies en valorisant des résidus issus de leurs processus de fabrication, mais également de faire un geste pour l’environnement.

« Cette méthode fonctionne avec des huiles végétales et animales », explique Alain Fleitour, président de Biothermie. « L’essentiel est de travailler avec des déchets propres afin d’obtenir un rendement optimum. C’est pourquoi nous procédons à des analyses qualitatives des graisses dès que nous envisageons d’implanter notre machine sur un nouveau site ». Impossible donc de travailler avec les déchets des abattoirs dans lesquels se mêlent couennes, poils et os.

Geste pour l’environnement

Pour être vraiment efficaces, il faut également que les chaudières disposent d’une réserve suffisante de bio-carburant. D’où l’idée de les installer uniquement sur des sites agroalimentaires producteurs de graisses et d’huiles, comme par exemple l’Atelier de l’Argoat. Cette andouillerie artisanale sise à Plélan-le-Grand, à une quarantaine de kilomètres de Rennes, produit chaque année 200 tonnes de graisses de chaudins, l’intestin du porc. Jusqu’à présent peu valorisés, ces déchets, une fois transformés en bio-combustible, ont permis à l’entreprise de réduire sa facture en fioul et en gaz de 60 %. Elle a également considérablement réduit ses rejets en station d’épuration. Autant d’avancée écologiques qui lui ont permis de décrocher le prix de l’environnement au dernier salon Pollutec, à Paris. « C’est très valorisant pour l’entreprise », avoue Alain Fleitour. « La chaudière est installée depuis décembre 2008 et les résultats sont là. L’andouillerie économise environ 80.000 euros par an ». De quoi rentabiliser rapidement une installation qui lui a tout de même coûté 380.000 euros.

Philippe Peter

France-Soir, vendredi 19 février 2010

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