Après Lanfeust de Troy, Trolls de Troy ou encore Lanfeust Quest, Christophe Arleston vient d’ajouter une nouvelle série à son univers magique en inaugurant Cixi de Troy, dont le dessin est assuré par Olivier Vatine.

Depuis 15 ans, les passionnés d’heroic fantasy attendent patiemment chaque nouvel épisode de l’inépuisable saga du monde de Troy. Un univers fantastique qui vient de connaître une énième extension avec la sortie du premier volume du diptyque Cixi de Troy, orchestré par Christophe Arleston, l’incontournable papa de ce macrocosme magique, et Olivier Vatine, dessinateur expérimenté qui s’est notamment illustré en servant d’une main de maître l’inoubliable série Aquablue.

Cixi de Troy, qui se limitera donc à deux tomes, vise avant tout à combler un vide. Entre son départ tonitruant à la fin du sixième tome de la saga Lanfeust de Troy et sa réapparition en séduisante justicière nocturne dans l’opus suivant, personne ne savait jusqu’à présent quel avait été le parcours de la capricieuse Cixi. « C’était l’occasion de faire une nouvelle histoire et, surtout, de mettre enfin Cixi sur le devant de la scène », explique Christophe Arleston. « C’est un personnage que je voulais développer depuis longtemps mais qui avait, par la force des choses, été occulté par Lanfeust ». Justice est donc rendue à l’alléchante Cixi qui joue désormais les premiers rôles dans une odyssée épique la menant du palais de Xingdu à la rayonnante cité d’Eckmül, la plus grande ville du monde magique de Troy.

Christophe Arleston devant la carte du monde magique de Troy. Photo : Gilles Fonlup

Héroïne aguichante

Durant son voyage semé d’embûches, l’aventurière croise la route d’un navire pirate dont l’équipage est exclusivement composé de femmes. Ces Amazones d’un genre nouveau initient l’aguichante Cixi aux joies de la flibusterie, mais aussi à leurs rituels « déviants ». Profitant du succès de la série auprès des femmes, Christophe Arleston a en effet souhaité « répondre au fantasme féminin des relations lesbiennes ». Toujours avec humour, en évitant de tomber dans le trash voyeur et sans subtilité. Amateur de pin-up, Olivier Vatine a tout de suite adhéré à l’idée : « Dessiner des filles, c’est sympa, mais c’est encore mieux quand elles sont jolies ! ». Le nouveau venu dans l’équipe d’Arleston confie par ailleurs n’avoir pas « approuvé de difficultés particulières à trouver ses repères » dans un monde auquel il était pourtant étranger. « Je ne voulais surtout pas copier Tarquin (NDLR : dessinateur de la série Lanfeust de Troy). J’ai imaginé d’autres costumes, d’autres situations. Je me suis bien amusé ! ».

Olivier Vatine s'est parfaitement adapté à l'univers imaginé par Arleston. Photo : DR

Dans le deuxième opus de ses aventures en solitaire (qui devrait être intitulé L’Ombre ténébreuse), les lecteurs découvriront une Cixi beaucoup plus posée et réfléchie. « Dans cet album, Cixi est furieuse contre Lanfeust. Elle veut rentrer chez elle, à Eckmül. C’est une adolescente qui fait une fugue. Par la suite, elle va se calmer et mûrir » sans pour autant perdre de sa sublime plastique qui a déjà fait rêver des générations d’adolescents prépubères.

Avec plus de sept millions d’albums vendus, la saga Lanfeust constitue le plus gros succès français dans le domaine de l’heroic fantasy. Et puisqu’il continue à s’amuser avec ce monde thaumaturgique, Arleston semble toujours prêt à en explorer de nouveaux tréfonds.

Philippe Peter

France-Soir, jeudi 18 février 2010

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