La première tranche de restauration de Lascaux II, le fac-similé de la fameuse grotte préhistorique, vient de s’achever. Le site rouvre ses portes cette semaine.

Monique Peytral a supervisé la première tranche de restauration de Lascaux II, le fac-similé de la célèbre grotte préhistorique. Photo : DR

Depuis son inauguration en 1983, Lascaux II a accueilli près de 7,5 millions de visiteurs. Ce va-et-vient incessant a généré un dépôt naturel sur les parois de ce fac-similé de la fameuse grotte préhistorique située sous une colline proche du village de Montignac, à 55 kilomètres de Périgueux. Du coup, les peintures de la copie se sont retrouvées masquées par un voile grisâtre sur l’intégralité de la cavité. Phénomène qui avait en partie été à l’origine de la fermeture au public de la vraie grotte.

Afin de lutter contre cette dégradation, la Semitour Périgord, propriétaire du site, a décidé de le restaurer intégralement en étalant les travaux sur une période de quatre ans à raison de sessions d’intervention de trois mois. La première tranche de ce minutieux chantier, entamée le 16 novembre 2009, vient de s’achever sous la direction de Monique Peytral. Elle a permis de donner un coup de jeune au fond de la salle des Taureaux et du Diverticule Axial. Les peintures ont été nettoyées et éclaircies avant les travaux de peintures et de raccords. Grâce à une meilleure analyse du site d’origine, âgé de près de 20.000 ans, les reproductions ont également pu être précisées et détaillées. Ce travail de fourmi, qui a coûté 150.000 euros, permettra la réouverture du site dès demain. La deuxième tranche des travaux de restauration doit quant à elle être lancée début 2011.

Maladie verte

Découverte par le plus grand des hasards en septembre 1940 par quatre adolescents, la grotte de Lascaux est considérée comme l’un des chef-d’œuvre de l’art pariétal (sur parois) préhistorique. Tout au long d’une cavité de 200 mètres, dans laquelle se succèdent salles, galeries et couloirs, les archéologues ont mis à jour des représentations d’aurochs, d’ours, de cerfs et même d’une licorne, un animal légendaire doté d’une grande corne sur le milieu du front. Dès 1948, les visiteurs ont commencé à affluer à Lascaux et avec eux les premiers signes de dégradation. Préservées des agressions extérieures pendant plusieurs milliers d’années, les parois se sont couvertes d’algues et de bactéries, appelées « maladie verte », et de calcite, une recristallisation de la roche. André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, avait de ce fait ordonné la fermeture du site en 1963. Les travaux d’aménagements de son fac-similé, baptisé Lascaux II, avaient débuté dans les années 70.

Philippe Peter

France-Soir, mercredi 17 février 2010

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