Disposant d’une scénographie moderne, le nouveau musée de la franc-maçonnerie accueillera des visiteurs à partir du 11 février. Zoom sur cette société énigmatique.

Association philosophique ? Lobby ? Secte ? Le plus grand mystère a longtemps entouré la franc-maçonnerie. Société autrefois secrète, largement tintée de mysticisme et d’ésotérisme, elle cherche aujourd’hui à s’ouvrir au monde extérieur en accueillant, à partir du 11 février, les curieux dans son nouveau musée installé dans les locaux du Grand Orient de France sis rue Cadet (9e). Le lieu, qui vient remplacer l’ancien espace d’accueil aménagé en 1973, a été totalement repensé. Disposant d’une scénographie moderne, il a pour but de présenter au public l’histoire de cet ordre et le rôle qu’il a joué dans la construction politique, économique et social de la France. Tabliers, faïences et épées sont disposés dans de grandes vitrines aux côtés de panneaux explicatifs qui jalonnent le parcours de l’exposition. Parmi les trésors de cette collection figurent en bonne place l’épée de La Fayette ou encore le tablier de franc-maçon de Voltaire.

Créée en 1717 à Londres, la franc-maçonnerie s’exporte rapidement à travers toute l’Europe. En France, elle compte à l’heure actuelle environ 140.000 membres et une trentaine d’obédiences. La plus importante d’entre-elles, le Grand Orient de France, a été fondée en 1773 sur les reste de la Grande Loge de France. Elle regroupe environ 47.000 frères et sœurs répartis dans le millier de loges existantes dans l’Hexagone. S’inspirant largement de la philosophie des Lumières, la franc-maçonnerie a longtemps été interdite par l’Église, qui voyait en elle une menace pour la pérennité du dogme catholique. Plus récemment, durant la Seconde guerre mondiale, les franc-maçons ont fait partie de ces « indésirables » pourchassés et éliminés par le régime nazi.

Le musée reviendra également sur les différentes actions menées par cette organisation, notamment sa participation à différents évènements politiques majeurs, de la Révolution française à la Résistance en passant par l’affaire des fiches en 1904. Son actualité récente sera de même abordée. Enfin, il sera possible de visiter, sur demande, les temples maçonniques afin d’y déchiffrer la signification des multiples symboles véhiculés par l’ordre, tels le compas, l’œil de la conscience ou encore le damier, qui évoque l’omniprésence des opposés.

Musée de la franc-maçonnerie, 16 rue Cadet (9e), du mardi au samedi de 14 heures à 18 heures ; tarifs : de 4 à 6 euros

Philippe Peter

France-Soir, mardi 9 février 2010

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