La mairie d’Ile-d’Arz, dans le golf du Morbihan, est à la recherche d’un agriculteur biologique. Il sera chargé de réhabiliter des terres abandonnées.

En bateau, il faut moins d’un quart d’heure pour relier Vannes à Ile-d’Arz, un petit paradis perdu dans le golf du Morbihan. Située sur l’île du même nom, la plus grande (330 hectares) d’un archipel qui en comprend neuf, la commune compte seulement 254 habitants permanents. Elle accueille néanmoins chaque été plus de 250.000 visiteurs séduits par son caractère sauvage et la beauté de ses paysages. « Nous vivons essentiellement du tourisme », concède Daniel Lorcy, maire de ce village dont 70 % du parc immobilier est constitué de résidences secondaires. « Nous accueillons même quelques vedettes, comme l’acteur François Morel qui vient régulièrement ici en vacances ».

L’équilibre naturel de ce jardin d’Eden battu par les vents est néanmoins troublé par la dépérissement de ses terres agricoles. « Au début du XXe siècle, l’île comptait onze fermes. Il n’en reste aujourd’hui plus que deux qui pratiquent essentiellement le maraîchage » déplore Daniel Lorcy. Du coup, de nombreuses parcelles sont « envahies par les ronces » et les « taillis ne sont plus entretenus ». Et les deux autres exploitants agricoles qui se sont récemment installés sur l’île (un éleveur d’escargot et un producteur de fruits rouges qu’il destine à la fabrication de sorbets) ne pourront rien y changer.

Pour remédier à cette situation, la mairie bretonne a donc décidé d’employer les grands moyens. Elle a publié une annonce sur le site de la chambre d’agriculture de Vannes (www.repertoireinstallation.com) indiquant qu’elle cherchait un fermier prêt à s’installer sur ses terres abandonnées. « On a plus d’une trentaine d’hectares disponibles », explique l’élu. « L’idéal serait qu’il ait une famille, histoire de gonfler un peu les effectifs de l’école ». « Il faudra qu’il pratique une agriculture biologique car l’archipel est classé réserve naturelle ». L’île voisine d’Hur, qui appartient au Conservatoire du littoral, dispose quant à elle de dix autres hectares également exploitables. Inhabitée, elle peut néanmoins être très facilement reliée à sa grande sœur d’Arz. « Il est possible d’y faire paître des moutons en les faisant traverser sur une barge », indique le maire.

Les candidats ont jusqu’à la fin mars pour présenter leur projet. La sélection sera faite d’ici fin avril par un comité d’élus assisté d’experts agricoles.

Philippe Peter

France-Soir, le 06 février 2010

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