Un exercice de simulation d’un séisme majeur est organisé aujourd’hui dans le sud du Haut-Rhin, une région au risque sismique assez élevé.

Méconnu, les tremblements de terre constituent pourtant une menace réelle pour le sud de l’Alsace. Afin de les prévenir, seize communes et 24 établissements scolaires du Haut-Rhin participent aujourd’hui à un exercice de simulation d’un séisme majeur. Baptisé Richter 2010, il suivra, selon la préfecture, un scénario « techniquement vraisemblable » mis en scène de la manière « la plus réaliste possible », tant au niveau des dommages que de la gestion des victimes. La manœuvre durera 12 heures et impliquera 5.631 élèves de la maternelle au lycée et 190 pompiers professionnels et volontaires. Une coopération transfrontalière prévoit également l’acheminement de secours depuis la Suisse et l’Allemagne. L’exercice, qui s’inscrit dans le cadre du plan séisme, a nécessité huit mois de préparation. Trois autres simulations avaient déjà été organisés dans les Bouches-du-Rhône (2007), les Antilles (2008) et les Hautes-Pyrénées (2009).

Les opérations débuteront dans la matinée. Des interventions de sauvetage-déblaiement se dérouleront dans une ancienne usine de Mulhouse ainsi que dans la tour de la Caisse primaire d’assurance maladie de la métropole haut-rhinoise dont la cage d’escalier se sera fictivement effondrée. Des manœuvres spéléo auront lieu dans les anciennes galeries des mines de Pfastaff, en banlieue mulhousienne. Enfin, un exercice de sauvetage sera organisé sur le massif vosgien du Hohneck, à une soixantaine de kilomètres de là.

Zone à risque

L’Alsace, qui se trouve à la croisée de plusieurs failles, est quotidiennement touchée par des micro-séismes sans conséquences. Le plus fort tremblement de terre ressenti dans la région au cours du siècle dernier est celui dit de Sierentz, à Habsheim, près de Mulhouse. Le 15 juillet 1980, la secousse avait atteint une magnitude de 4,9 sur l’échelle de Richter. Des catastrophes plus importantes ont néanmoins déjà eu lieu, notamment à Bâle (Suisse) en 1356. La ville avait alors été détruite et le sud de l’actuel Haut-Rhin ravagé. Malgré ces risques, cette zone compte aujourd’hui plusieurs sites vulnérables, notamment la très controversée centrale nucléaire de Fessenheim. Pour la première fois, un exercice de simulation sismique prendra donc en considération le risque technologique, même si son but premier reste la prévention et la pédagogie.

Philippe Peter

France-Soir, jeudi 4 février 2010

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