Chaque 2 février, l’archevêque de Marseille vient bénir les navettes, ces fameux biscuits à la fleur d’oranger typiquement marseillais.

L'année dernière, comme le veut la tradition, l'archevêque de Marseille a béni les navettes fraîchement sorties du four. Photo : DR

Cette année encore, la file d’attente devrait être longue devant le Four des navettes, situé dans le quartier Saint-Victor, à Marseille. Fondée en 1781, cette boulangerie, l’une des plus anciennes de France, est en effet le point de rendez-vous de milliers de Marseillais qui viennent s’y approvisionner en navettes, un biscuit à la fleur d’oranger fabriqué et consommé traditionnellement le jour de la Chandeleur. « Chaque 2 février depuis plus de 200 ans, l’archevêque de Marseille vient bénir les navettes tout juste sorties du four, en présence de nombreux élus et officiels », explique Nicolas Imbert, propriétaire de l’enseigne qui est aujourd’hui une véritable institution dans la cité phocéenne. « Ce jour-là, traditionnellement, les pèlerins en procession vers l’abbaye Saint-Victor viennent acheter des navettes qui constituent leur premier repas de la journée ».

Le Four des navettes est le seul à bénéficier de ce pieux privilège. C’est en effet dans cette boutique que le fameux biscuit a été créé à la fin du 18e siècle par un certain sieur Aveyrous en souvenir d’une vieille légende provençale qui veut que trois saintes (Marie-Madeleine, Marie-Salomé, et Marie-Jacobé) aient fui les persécutions menées contre les Chrétiens en Palestine et se soient échouées dans les environs de l’actuelle commune de Saintes-Maries-de-la-Mer. Leur créateur s’est inspiré de la forme des barques sur lesquelles voyageaient les trois femmes pour réaliser les navettes.

Tourisme et tradition

« A Marseille, pour la Chandeleur, on mange des navettes, pas des crêpes », explique Nicolas Imbert. Ce boulanger a appris le secret de fabrication du biscuit avec son père avant de reprendre l’affaire familiale il y a quelques années. « Le Four des navettes se transmet de père en fils. Depuis sa création, seule trois familles l’ont possédé ». Et quand on lui parle de ses concurrents, le chef d’entreprise reste très serein : « Notre recette donne un goût et une texture uniques à notre produit. Personne ne peut l’imiter et les amateurs ne s’y trompent pas ». Aromatisé à la fleur d’oranger, ce biscuit croquant, désormais produit toute l’année, est devenu une vitrine touristique pour Marseille et la gastronomie provençale, au même titre que les treize desserts de Noël.

Renseignements : www.fourdesnavettes.com

Philippe Peter

France-Soir, lundi 1er février 2010

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