Moski est instituteur mais aussi passionné de bande-dessinée. En 2005, il a été choisi pour reprendre le personnage mythique d’Achille Talon.

Moski a travaillé sur les deux derniers albums de la célèbre série Achille Talon, créée par le défunt Greg (décédé en 1999)

Étonnant parcours que celui de David Adamoski, à la fois instituteur et dessinateur de BD. Une enfance passée à Homécourt (à une trentaine de kilomètres de Metz) et bercée par le grondement des industries sidérurgiques. Une passion dévorante pour les grands magazines de bande-dessinée de l’époque et pour des auteurs tels que Gotlib, Uderzo ou encore Sempé. De cette jeunesse, David Adamoski, dit Moski dans le monde des bulles, garde le souvenir de ses cahiers qu’il remplissait de dessins humoristiques.

Les années passant, il met temporairement son dada de côté. S’il rêve secrètement d’en faire un jour sa profession, il préfère d’abord se trouver un « vrai travail ». Ce sera instituteur, que Moski qualifie de « beau métier ». Après quatre années passées au Brésil à enseigner à l’école française de Brasilia, il revient s’installer en France et devient finalement enseignant à l’école maternelle d’Essey-lès-Nancy, dans l’agglomération nancéenne. Parallèlement, il revient à ses premiers amours et tente sa chance dans le monde de la littérature pour enfants. « Au début, ça a été difficile, ça m’a pris beaucoup de temps avant de percer », explique l’artiste. Après quelques albums jeunesse, il décroche son premier contrat chez Dargaud et publie en 2001 le premier volet de la série Moustic. Une victoire pour cet artiste au parcours insolite qui a toujours évolué très loin du gotha de la BD franco-belge.

Moski a offert un dessin exclusif de ses deux personnages aux lecteurs de France-Soir

Succession ardue

Quatre ans plus tard, c’est la consécration. Moski est choisi pour succéder à Greg, décédé en 1999, pour reprendre la série Achille Talon. « Ça m’a fait à la fois très plaisir et très peur. C’est une vraie reconnaissance, un peu comme si on m’avait confié les clés d’un gros bolide », se souvient Moski qui regrette néanmoins l’abandon de sa série fétiche en 2006 après six volumes. « Moustic ne se vendait plus assez bien, c’est comme ça ». Depuis, le maître d’école lorrain a publié deux albums des aventures du célèbre bourgeois au gros nez, toujours en collaboration avec son acolyte, le scénariste Pierre Veys. Le dernier en date, Achille Talon n’arrête pas le progrès, est sorti en avril 2009. « C’est un style dans lequel je me reconnais. Je commence à mieux sentir les personnages, mais cela n’a pas été facile de succéder à Greg. On a l’impression que son style est fluide, mais en fait tout est calculé », indique Moski. « J’ai effectué un gros travail d’analyse de l’univers d’Achille Talon et j’essaye de le reproduire au mieux ». S’ils veulent rester le plus fidèles possible à l’esprit de la bande-dessinée d’origine, les deux auteurs envisagent néanmoins de développer certains personnages, notamment celui de la bonne Hécatombe, peu exploitée par son créateur.

A 43 ans, Moski a lancé en décembre dernier son site internet (www.moski.netai.net) sur lequel il publie notamment de la bande-dessinée « libre et lâchée » avec un crayonné et un encrage très rapide. Il ne désespère pas de relancer un jour Moustic, série pour laquelle il a « encore plein d’idées ».

Philippe Peter

France-Soir, jeudi 28 janvier 2010

Publicités