Dominique Maton est l’inventeur d’un système de distribution automatique de pain frais qui pourrait bientôt faire son apparition dans les stations du métro parisien.

Les distributeurs sont réapprovisionnés chaque jour en pain frais. Crédit : DR

Le procédé est encore peu connu. Il existe pourtant depuis 23 ans. Dans la droite lignée des distributeurs automatiques de friandises ou de café, l’entreprise Distripain, créée en 1987, s’est spécialisée dans la conception et la fabrication d’appareils fonctionnant selon le même principe mais dédiés à accueillir du pain frais. « L’idée m’est venue par hasard », se souvient Dominique Maton, gérant de Distripain et inventeur de l’astucieux système. « Mon épouse m’a appelé un soir vers 19h30 et m’a demandé d’acheter du pain ». Évidemment, à cette heure avancée de la soirée, plus aucune boulangerie n’est ouverte. « A l’époque je gérais une entreprise de location et de vente de distributeurs de K7 vidéo. J’ai aperçu plusieurs appareils en attente de livraison. Ça a fait tilt ! ». S’il est possible de distribuer automatiquement des boissons fraîches ou des cigarettes, pourquoi ne pas en faire de même avec le pain ! Distripain était né.

Pain frais toute la journée

L’entreprise, dont l’usine principale se trouve à Montdidier, à une quarantaine de kilomètres d’Amiens, s’est depuis largement développée. Elle a ouvert deux autres sites de production à Fumay (Ardennes) et Angoulême (Charente) et produit chaque année entre 700 et 800 exemplaires de son automate. De plus en plus de boulangers et de communes isolées se montrent intéressés par le concept. « Cela permet aux personnes qui travaillent tard d’acheter leur pain après la fermeture des boulangeries », explique Dominique Maton. « On peut aussi approvisionner en pain frais les villages reculés qui ne disposent pas de boulangerie et dans lesquels la tournée n’est plus rentable ».

Dominique Maton se défend de faire de la concurrence aux boulangers : « nous fournissons un distributeur, pas le pain qui va avec », insiste-t-il. « De plus, ce sont les artisans qui nous louent les appareils car ils y voient un intérêt pour leur commerce ». Chaque matin, ces derniers réapprovisionnent les machines en pain frais et récupèrent les invendus.

L’inventeur a déjà d’autres projets en tête, notamment l’adaptation de son procédé à la distribution de produits laitiers. Il se réjouit également de la signature d’un pré-accord avec la RATP qui s’est montrée particulièrement intéressée par son produit.

Philippe Peter

France-Soir, samedi 23 janvier 2010

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