Justine Duval, élève au lycée professionnel Camille Jenatzy (18e), a reçu samedi le prix de la mémoire et du civisme André Maginot pour son travail de synthèse qui faisait suite à un voyage scolaire dans la Somme.

« J’ai été choquée par tous ces morts, ces ossuaires qui rassemblent des milliers de soldats de manière anonyme », se souvient Justine Duval, élève en bac professionnel logistique au lycée Camille Jenatzy (18e). « C’est que j’ai ressenti, je l’ai mis dans mon devoir ». Cette adolescente de 17 ans a eu l’occasion, au courant du mois d’avril 2009, de partir deux jours en voyage scolaire dans la Somme. Aux côtés de ses camarades de classe, elle a découvert des lieux hautement chargés d’histoire, vestiges douloureux des deux derniers conflits mondiaux. A son retour à Paris, elle a réalisé un devoir de synthèse dans le cadre de son cours de français. Ce travail a, en parallèle, été retenu pour participer au 16e prix de la mémoire et du civisme, initié par la fédération nationale André Maginot, dans la catégorie « Lycée professionnel ». Cette année, près de 15.000 lycéens répartis en quatre catégories ont pris part à ce concours.

Au mois d’octobre dernier, Justine, qui habite dans le 17e arrondissement, a eu la surprise d’apprendre que son travail avait été choisi pour se voir décerner le premier prix. « Je n’y croyais pas ! J’étais vraiment contente de moi », confie la jeune lycéenne qui s’est vue remettre, samedi, en présence de Bertrand Delanoë, de Francis Huster ou encore de l’historien Jean Tulard, une plaque commémorative de l’événement. Elle a également reçu de nombreux livres et DVD pour la récompenser de son travail et lui permettre d’approfondir ses connaissances en histoire contemporaine.

Guerre absurde

La fédération nationale André Maginot est l’une des plus importantes associations d’anciens combattants et de victimes de guerre avec près de 330.000 membres. Son objectif est de perpétuer la mémoire des hommes et des femmes qui ont donné leur vie pour sauver leur patrie. Un sacrifice qui a marqué l’esprit de Justine : « Nous avons visité beaucoup de cimetières de la Première et de la Seconde guerre mondiale », raconte-t-elle. « C’est incroyable de voir tout ce qu’on a été capable de faire pour tuer d’autres hommes ». Une anecdote dramatique a particulièrement frappé la jeune lycéenne : « Nous nous sommes recueillis sur la tombe d’un soldat noir qui a été abattu parce qu’il refusait de combattre. C’est complètement absurde : on a tué des gens parce qu’ils ne voulaient pas en tuer d’autres », conclut-elle avec émotion.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 19 janvier 2010

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