Une exposition sur la crue centennale de janvier 1910 se tient à bibliothèque historique de la ville de Paris jusqu’au 28 mars.

L’impuissance. Voilà le sentiment qui devait habiter les dizaines de milliers de Parisiens et de banlieusards qui se sont réveillés un matin de janvier 1910 les pieds dans l’eau après l’avoir vu inexorablement monter durant plusieurs interminables journées pluvieuses. Coupés du reste du pays par une Seine rendue furieuse par la brusque montée des eaux, ils ont subi cette crue exceptionnelle pendant près de deux semaines.

L’inondation débute le 20 janvier, lorsque l’eau du fleuve inonde la ligne 12 du métro. Le niveau des eaux ne cesse ensuite de monter jusqu’au 28 janvier lorsqu’il atteint son maximum avec 8,62 mètres ! Le zouave du pont de l’Alma a alors de l’eau jusqu’aux épaules. Les principaux édifices de la capitale sont envahis, telle la gare d’Orsay ou encore la cathédrale Notre-Dame. A Paris, 20.000 immeubles sont inondés tandis que 30.000 maisons de la périphérie sont touchées. Des passerelles de fortune sont installées et les députés se rendent à l’Assemblée nationale en barque. Les ordures, qui ne peuvent plus être collectées, sont jetées dans la Seine. Au total, la crue centennale fait deux millions de sinistrés et les dégâts qu’elle occasionne s’élève à 12 milliards d’euros.

Jusqu’au 28 mars, l’exposition Paris inondé 1910 présente, à la bibliothèque historique de la ville de Paris, une rétrospective en images de ces semaines calamiteuses (tarif : 4 euros / réduit : 2 euros). Au Pavillon de l’eau, une autre exposition, intitulée La crue de 1910. Et aujourd’hui ?, reviendra, du 20 janvier au 17 avril, sur cet événement et présentera une série de photomontages illustrant le Paris contemporain envahi par son fleuve.

Renseignements : www.inondation1910.paris.fr

Philippe Peter

France-Soir, mardi 12 janvier 2010

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