Sylvie et Bruno M. risquent d’être expulsés de leur maison. Ils ont donc décidé de lancer un appel à la solidarité sur Facebook.

Sylvie et Bruno M. vivent depuis trois ans un véritable calvaire. Et un malheur n’arrivant jamais seul, par effet domino, une opération médicale ratée a fini par déboucher sur une situation de surendettement qui semble aujourd’hui sans issue. L’avenir semblait pourtant bien se profiler pour ces deux Picards qui vivent depuis mars 2002 dans un pavillon de Ferrières, à une quarantaine de kilomètres de Beauvais, et pour lequel ils ont contracté un prêt de 100.000 euros sur 15 ans. Leur modeste commerce ambulant et en ligne fonctionne à cette époque plutôt bien. Tout va donc pour le mieux lorsqu’en janvier 2007, Sylvie entre en clinique pour se faire opérer d’un fibrome. Son séjour hospitalier tourne au drame puisque le médecin qui l’opère perfore malencontreusement la paroi de l’utérus et celle de l’intestin. Sylvie doit être arrêtée de travail pendant huit mois. Elle ne perçoit alors qu’une indemnité journalière de 17 euros. Pour couronner le tout, son compagnon, qui n’est que conjoint collaborateur, se voit obliger de cesser l’activité de leur entreprise. Problème : la banque ne tient pas compte de cette situation complexe. Elle réclame donc, chaque mois, les 850 et 400 euros que le couple doit verser au titre du remboursement des prêts de la maison et d’un véhicule utilitaire.

Dossier de surendettement

Le couple essaye dans un premier temps de se retourner contre les manquements du médecin. En vain. « Les experts ont estimé qu’il s’agissait d’un aléas thérapeutique et pas d’une erreur médicale ». Après avoir vendu l’une de leurs camionnettes, les deux commerçants se débrouillent comme ils peuvent pour subvenir à leurs besoins. « Mon compagnon a exercé plusieurs petits boulots pour que ne puissions manger, mais nous n’arrivons plus à suivre. Nous sommes pris à la gorge », explique, émue, Sylvie. « Début juillet, nous avons donc déposé un dossier de surendettement à la Banque de France ». Si le couple s’est remis au travail depuis le rétablissement de Sylvie, son activité tourne au ralenti et il ne parvient pas à honorer ses dettes. Du coup, la sanction, froide et sans appel, tombe le 8 octobre dernier. Un jugement annonce la saisie de la maison pour permettre le remboursement des créances. Estimée à 140.000 euros, l’habitation est mise aux enchères à 35.000 euros seulement. « Nous avons déjà payé 50.000 euros, mais la banque nous en réclame encore 97.000, à cause des intérêts cumulés ».

Dernier espoir

Dos au mur, le couple décide de faire appel à la générosité des internautes en créant, fin octobre, un groupe sur Facebook baptisé « Aidez-nous à sauver notre maison SVP ! La solidarité existe-t-elle ? ». « Nous ne demandons pas aux gens de donner mais juste d’agrandir le cercle des membres. L’idée est de rassembler, par exemple, 100.000 personnes prêtes à donner un euro ». Le propriétaire d’un laser game de St Maximin s’est lui engagé à organiser une semaine de soutien au couple au mois de mars. Une partie des bénéfices tirés des entrées, des ventes de boissons et d’une tombola (pour laquelle le couple cherche d’ailleurs des lots) lui sera reversée. « Nous comprenons que les gens se méfient, il y a tellement d’escrocs. Nous avons l’impression de faire l’aumône et cela ne nous amuse vraiment pas ».

Contact : sylvie-et-bruno@hotmail.fr ; pour envoyer vos dons : à Sylvie et Bruno, BP 241, 60130, St-Just-en-Chaussée

Philippe Peter

France-Soir, lundi 11 janvier 2010

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