La société Goldenhook fait tricoter ses bonnets et écharpes par des grand-mères. Elle leur fournit des matières premières de qualité fabriquées dans les Alpes du Sud.

Fondée il y a deux ans par Jérémy Emsellem, l’entreprise Goldenhook est spécialisée dans la confection de bonnets et d’écharpes sur mesure. L’idée est simple : les acheteurs créent leur modèle directement sur internet en se basant sur des patrons pré-existants qu’ils peuvent ensuite personnaliser. Une fois leur choix clairement établi et la commande passée, des grand-mères se chargent du tricotage. Une façon pour celles-ci d’obtenir un revenu complémentaire par le biais d’une activité finalement peu contraignante. « Je suis une sorte de sous-traitante », plaisante Simone Revel, une mamie tricoteuse de Bry-sur-Marne. « Je prépare une dizaine de pièces par mois et chacune me demande environ cinq heures de travail ».

Simone a appris l’existence de Goldenhook totalement par hasard. Alors qu’elle promène son york, pour lequel elle avait confectionné un pull-over en laine, elle croise une voisine qui lui parle de cette entreprise un peu insolite. Intéressée par la démarche et tricoteuse à ses heures perdues, la retraité prend contact avec la société. Les premières commandes arrivent ensuite rapidement.

Auto-entrepreneuse

Comme toutes ses collègues, Simone travaille de manière totalement indépendante. Tout l’aspect logistique est en effet géré directement par Goldenhook. « Je reçois une fiche descriptive de la commande du client avec laquelle sont livrées les pelotes de laine, de cachemire ou d’angora, selon les modèles ». Chez elle, bien installée dans son fauteuil, Simone peut travailler en toute quiétude, à son rythme. Une véritable auto-entrepreneuse qui joint à chacune de ses œuvres une petite dédicace destinée au client.

Côté finance, le constat est légèrement plus mitigé. « Je gagne environ 200 euros par mois. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est toujours ça de pris. Et puis je ne fais pas cela pour l’argent, mais parce que cela me fait plaisir ». On ne peut donc pas encore affirmer que le tricot soit le remède miracle à la crise.

Goldenhook propose pour l’instant trois modèles de bonnets et deux types d’écharpes, déclinables en plusieurs tailles, coloris et fibres. La société se fournit en matières premières auprès d’éleveurs des Alpes du Sud chargés de la sélection des toisons et de la préparation des files de laine. Un choix judicieux qui permet de préserver un savoir-faire ancestral.

Renseignements : www.goldenhook.fr

Philippe Peter

France-Soir, mardi 5 décembre 2009

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