Ravagé par la tempête du 26 décembre 1999, le parc du château de Versailles a été progressivement réaménagé. Il ressemblera bientôt de celui qu’avait connu le roi Soleil.

Les images terribles de la tempête du 26 décembre 1999 restent encore graver dans toutes les mémoires. Arbres déracinés, toitures arrachées, câbles électriques sectionnés, routes coupées : à l’époque, peu de régions françaises avaient été épargnées par une nature en furie. Dix ans après ce déchaînement de vent et d’eau, les balafres dues au passage de la tornade sont toujours visibles, notamment dans les massifs forestiers qui sont loin d’avoir retrouvé leur majesté d’antan.

Le parc du château de Versailles avait lui aussi beaucoup souffert durant ce jour cauchemardesque. 18.500 arbres du domaine avaient été déracinés et 40.000 autres avaient dû être abattus lors des replantations pour éviter notamment des décalages d’âge avec leurs voisins. Seule une quinzaine d’arbres historiques avaient résisté, notamment un sophora du Japon qui trône toujours tout près du petit Trianon.

Si les 100.000 arbres replantés depuis ne retrouveront leur grandeur qu’après plusieurs décennies, les jardiniers du domaine ont tout de même réussi un véritable tour de force en lui redonnant un visage. « Il faudra quarante ans pour que le parc retrouve sa beauté et cent ans pour qu’il retrouve son âme », explique ainsi Alain Baraton, jardinier-en-chef du château de Versailles. « Aujourd’hui, ce parc n’est pas beau mais il est prometteur ». Effectivement, les jeunes chênes, ormes et autres frênes semblent encore bien frêles comparés à leurs massifs aïeuls. Avec les années, ils imposeront à nouveau par leur volume et leur densité.

Comme sous Louis XIV

Plutôt que de replanter les arbres morts, les jardiniers ont profité de l’occasion pour redessiner les parcs et les jardins du château comme au temps de Louis XIV. Ils se sont par exemple basés sur les plans d’André Le Nôtre, le jardinier du roi Soleil, pour recréer le parc du grand Trianon à l’époque de son aménagement, au début du XVIIIe siècle. Ces travaux colossaux ont coûté, selon Jean-Jacques Aillagon, président de l’établissement public du musée et du domaine national de Versailles, la bagatelle de 250 millions de francs, soit plus de 38 millions d’euros. Un budget énorme financé par l’État, les collectivités locales et une campagne de mécénat.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 29 décembre 2009

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