Déjà disparues ou menacées d’extinction par l’activité humaine, des centaines d’espèces n’existeront peut-être bientôt plus que sous forme d’animaux empaillés ou de squelettes.

En cette période de vacances post-sommet de Copenhague, un petit détour par le muséum national d’histoire naturelle s’impose. Imposants squelettes de dinosaures, poissons fossilisés, animaux empaillés : ce lieu unique qui respire le vieux de toute son âme est un véritable témoignage de l’incroyable diversité des espèces qui ont peuplé la planète bleue. Certaines d’entre-elles ont disparu depuis longtemps, emportées par les vicissitudes de dame nature. D’autres sont aujourd’hui menacées par l’activité humaine et le réchauffement climatique.

Les réserves inépuisables du musée débordent littéralement de spécimens plus étranges et méconnus les uns que les autres. Il en compte au total environ 68 millions mais une infime partie seulement est exposée, faute de place.

Les réserves de squelettes et de fossiles sont entreposées dans les sous-sols de la galerie de paléontologie. Une plongée au cœur d’une biodiversité depuis longtemps éteinte. « En principe, on ne devrait pas entreposer de collections ici à cause des risques d’inondations de la Seine, mais on n’a pas les moyens de faire autrement », déplore le professeur Hervé Lelièvre, responsable de la paléontologie. « Nos collections ne sont pas considérées comme faisant partie du patrimoine de l’humanité, contrairement à celles des grands musées d’art qui ont beaucoup plus de moyens ».

Trésors inestimables

Les réserves d’animaux empaillés sont entreposées dans la zoothèque qui s’étend sur trois niveaux sous la grande galerie de l’évolution. Cette partie du bâtiment recèle de trésors inestimables comme le huia, un oiseau originaire de Nouvelle-Zélande, ou encore l’émeu noir, dont c’est le seul spécimen naturalisé au monde. Ces animaux méconnus ont aujourd’hui disparus dans le cadre de ce que les scientifiques appellent la « sixième extinction massive des espèces ». La dernière en date – celle des dinosaures – remontait à plus de 65 millions d’années ! L’homme n’est bien sûr pas étranger à cette hécatombe. Le lion de l’Atlas, la rhythine de steller – un lamentin des îles Aléoutiennes – ou encore le dodo de l’île Maurice ont été massivement chassés pour leur chair, mais aussi pour leur graisse ou leur peau. Des centaines d’espèces ont ainsi disparu avant que l’on ne prenne conscience de l’importance de leur préservation pour l’équilibre naturel.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 29 décembre 2009

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