Délaissé par ses propriétaires, l’âne Zidane a été recueilli par l’association Adada qui s’est chargée de le soigner.

Le calvaire de Zidane touche à sa fin. Ce jeune âne de huit ans, abandonné dans son enclos, a en effet été recueilli par l’association des amis des ânes (Adada) et placé dans un refuge spécialisé à Ambert, à 75 kilomètres de Clermont-Ferrand. Il y est actuellement soigné et se prépare à y vivre une seconde jeunesse en compagnie de 200 congénères qui s’ébattent sur les 50 hectares de ce centre unique en France. Son avenir semble aujourd’hui assuré, mais Zidane revient de loin.

L’animal a grandi à Réallon, une petite station de ski des Hautes-Alpes. Ces derniers mois, ses anciens propriétaires, des éleveurs spécialisés dans la production de savon au lait d’ânesse, ne s’occupaient plus correctement de leurs bêtes. « On nous a averti de la situation de Zidane, qui était laissé à l’abandon dans son parc », rappelle Marinette Panabière, présidente de l’association Adada. « Il n’était pas dans un très bon état ». Ses sabots n’avaient pas été parés – coupés et nettoyés – depuis plusieurs mois et les pattes du pauvre animal s’étaient donc progressivement déformées. Les éleveurs avaient été informés à plusieurs reprises de l’état de santé médiocre dans lequel se trouvait leur baudet, sans pour autant réellement s’en préoccuper. Ils se sont finalement décidés à vendre tous leurs ânes, mais « personne ne voulait de Zidane, un mâle blessé qui n’avait pas encore été castré » et dont les sautes d’humeur n’amélioraient pas le CV.

Nouveau foyer

Soutenue par la SPA-Alpine, Adada a donc proposé de l’accueillir dans son refuge spécialisé et la bête a été transportée jusqu’à Ambert grâce à la générosité d’un public sensibilisé au cas Zidane. L’animal a désormais un nouveau foyer et ne se retrouvera plus jamais seul dans un pré. « Il a été castré et paré. Il va mieux mais sa convalescence n’est pas encore terminée », précise Marinette Panabière dont l’association recueille chaque année les ânes devenus « encombrants ». « Beaucoup de gens les considèrent avant tout comme des peluches et veulent s’en débarrasser au bout de quelques temps », explique-t-elle. D’autres animaux, victimes de maltraitances ou destinés à la boucherie, finissent également paisiblement leurs jours dans ce sanctuaire pour ânes.

Philippe Peter

France-Soir, vendredi 25 décembre 2009

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