Avant son décès en juillet dernier à l’âge de 90 ans, Jeanne Parent avait légué l’ensemble de sa fortune à la ville de Chalon-sur-Saône. Un pactole estimé à quatre millions d’euros !

A Chalon-sur-Saône, tout le monde ne parle plus que de cela. Hier matin, en ouvrant Le journal de Saône-et-Loire, les Chalonnais ont eu la surprise de découvrir l’incroyable histoire d’une de leurs concitoyennes qui a légué l’ensemble de ses biens au centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville bourguignonne. Jeanne Parent, ancienne pharmacienne décédée le 10 juillet dernier à l’âge de 90 ans, a été pour le moins généreuse puisque son pactole est évalué à près de quatre millions d’euros ! Comptes bancaires, bons du Trésor, appartements ou encore bijoux : cette célibataire, fille unique de parents commerçants, avait su faire fructifier l’héritage familial.

Jeanne Parent n’a posé aucune condition à l’utilisation de cette somme colossale, ce qui renforce encore la beauté de son geste purement philanthropique. La municipalité a néanmoins tenu à l’utiliser pour des projets sociaux. L’ensemble de ce legs a donc été inscrit, hier soir, dans le budget 2010 du CCAS. « Deux millions d’euros seront consacrés au déménagement du centre social dont les locaux sont aujourd’hui exigus et inadaptés », énonce Cyril Gomet, directeur de cabinet de Christophe Sirugue, maire (PS) de Chalon-sur-Saône. 550.000 euros serviront également à la réhabilitation du bâtiment accueillant les personnes en difficulté et 400.000 euros seront investis dans l’acquisition d’une maison multi-accueil pour les enfants.

Action préméditée

La générosité de Jeanne Parent n’a pas vraiment étonné son entourage. Elle semble en effet avoir au préalable informé sa famille – certes éloignée, mais avec laquelle elle avait des contacts réguliers – qu’elle souhaitait léguer ses biens à la municipalité de Chalon-sur-Saône. « Le testament a été établi il y a plusieurs années. Notre cliente a toujours voulu que cela se passe ainsi », explique un membre de l’étude notariale Eglin et Guillermin, chargée de la succession de Jeanne Parent. A la maison de retraite Les Villandières, où elle a passé les trois dernières années de sa vie, la « surprise est très grande ». Tout le monde se souvient d’une dame « très agréable et discrète ».

La municipalité chalonnaise envisage désormais de donner le nom de Jeanne Parent à une rue ou à un bâtiment public de la ville. Une distinction posthume amplement méritée qui la fera entrer au panthéon des personnalités chalonnaises.

Philippe Peter

France-Soir, vendredi 18 décembre 2009

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