Le Francilien au départ de son premier voyage commercial (Photo : Ph. Peter)

Inauguré en grande pompe samedi, le Francilien devait entrer en service dès le lendemain. Une grève et quelques ennuis techniques ont retardé ce lancement qui n’a finalement eu lieu qu’hier.

Le Francilien a effectué, samedi matin, son voyage inaugural sur la ligne H qui relie Paris-Nord à Luzarches (Val-d’Oise). A son bord, près de 700 invités triés sur le volet qui ont pu découvrir en avant première le nouveau train de banlieue. Visiblement émus, Jean-Paul Huchon et Guillaume Pepy, président de la SNCF, se sont mutuellement félicités d’être parvenus « à tenir les délais de ce projet gigantesque » estimé à plus d’1,8 milliard d’euros pour la construction, au total, de 172 rames et le réaménagement des gares traversées. Dans un élan de générosité, le président de la région Ile-de-France a même annoncé la gratuité de la ligne H pour toute la journée de dimanche. Un geste qui visait à célébrer l’entrée en service commerciale du Francilien, initialement prévue le 13 décembre, mais qui est finalement tombée à l’eau. Par un coup du sort malheureux – les plus superstitieux affirmeront que le lancement d’un nouveau train un dimanche 13 sonnait comme une véritable bravade – une grève locale et de petits ennuis techniques ont en effet retardé ce lancement officiel. Et ce n’est finalement qu’hier que le Francilien a transporté ses premiers passagers payants entre Paris et Luzarches.

Phase de rodage

Fuyant un froid vif, une trentaine de voyageurs ont donc embarqué lundi matin, à 10h06, à bord du nouveau train, entré en gare quelques instants plus tôt voie 30. Pas grand monde donc pour ce lancement en toute discrétion, mais il faut dire que l’engin en est encore à sa phase de rodage. Il ne roulera pendant les semaines à venir que durant les heures creuses. Certains passagers apprennent avec stupeur que le Francilien effectue là son premier trajet commercial. « Je n’avais jamais vu ce train et je n’étais pas sûr que l’on pouvait grimper dedans », explique Jonathan, 16 ans, embarqué à Saint-Denis. A Sarcelles-Saint-Brice, une équipe de médiateurs monte dans les wagons et entre immédiatement en action, conviant les premiers passagers du Francilien à « respecter le matériel neuf » en évitant de poser les pieds sur les sièges. Histoire de ne pas les salir tout de suite…

Un intérieur accueillant et confortable selon les premiers passagers. (Photo : Ph. Peter)

Progrès énorme

Les premiers clients du train boa semblent en tout cas globalement satisfaits. « Il est magnifique et j’espère qu’il va le rester », décrit Christiane, 77 ans, qui habite à Domont. « Il est confortable et pour une fois il y a de la place pour les jambes ». L’aspect écologique a séduit son fils, Alain : « Le chauffage au sol est une bonne idée », estime-t-il. « C’est en tout cas plus efficace et plus économique que les grilles-pains qui sont installés dans les vieux modèles ». L’avis de certains voyageurs est plus mitigé. « Le Francilien est plus accueillant et plus propre. C’est un progrès énorme par rapport aux anciens trains qui faisaient un bruit d’enfer », assure Malika, 29 ans, qui rend visite à ses parents domiciliés à Luzarches. « Par contre, il n’y a pas de poubelle et la sonnerie qui indique l’ouverture des portes est insupportable ! ».

Le sort semble par contre s’acharner sur le nouveau train puisqu’il est immobilisé une première fois près de dix minutes à Bouffémont-Moisselles, puis encore quelques minutes à Montsoult-Maffliers. Rien que de menus problèmes techniques qui ne retardent ce premier voyage que de quelques minutes. A peine arrivé à Luzarches, le Francilien repart immédiatement pour Paris. Il effectuera désormais trois allers-retours par jour sur la ligne H. En attendant l’entrée en service échelonnée des nouvelles rames dès 2010.

à Luzarches, Philippe Peter

France-Soir, mardi 15 décembre 2009

Publicités