Issue d’une tradition séculaire, la bière de Noël est disponible à la dégustation jusqu’à la fin décembre. Un breuvage à (re)découvrir.

La bière de Noël a débarqué dans les épiceries et les cafés. Breuvage de saison au bouquet fruité et épicé, il est brassé à la fin de l’été pour être servi dès la mi-novembre. A l’origine, la bière de Noël était offerte par les maîtres brasseurs à leurs employés ainsi qu’à leurs meilleurs clients. Cette tradition séculaire s’est toutefois aujourd’hui perdue.

La bière de Noël, dont la fabrication avait quasiment cessé, est réapparue il y a environ trente ans. Elle est depuis devenue un véritable produit d’appel pour quelques multinationales dont les cuvées ne sont malheureusement pas souvent convaincantes. Cette mode de la bière de Noël, rapidement transformée en véritable frénésie consommatrice, ne doit néanmoins pas occulter les productions de plusieurs dizaines de petites brasseries du nord et de l’est de la France qui s’attachent à confectionner des brassins originaux. « Nous faisons de la bière de Noël depuis 1978 », précise Nicolas Castelain, responsable de la production de la brasserie du même nom, à Bénifontaine, près de Lens. « Son succès nous a fait prendre conscience que les consommateurs recherchaient des boissons plus typées et nous avons lancé la Ch’ti l’année suivante » qui est depuis devenue la marque phare de cette entreprise qui produit environ 45.000 hectolitres de bière par an.

Boisson conviviale

En Alsace, la brasserie d’Uberach, à une quarantaine de kilomètres de Strasbourg, a elle aussi créé un breuvage de Noël. Cette bière ambrée, assez forte, incorpore une infusion d’oranges amères et de cannelle qui lui donne son goût si particulier. « C’est une boisson sympathique et conviviale qui cadre bien avec la tradition festive alsacienne », explique Éric Trossat, maître brasseur. « Elle peut bien sûr être considérée comme un produit marketing, mais il ne faut pas oublier qu’elle ne représente que 5 % de notre volume total », soit à peine une centaine d’hectolitres par an.

Confectionnés avec des malts spécifiques et des houblons racés, les breuvages issus des microbrasseries sont affinés huit semaines en cave avant leur commercialisation. Si la bière de Noël moderne ne peut être comparée à son ancêtre, elle reste un produit intéressant sur le plan gustatif. Si tant est bien sûr que l’on choisisse la bonne bouteille.

Philippe Peter


France-Soir, samedi 12 décembre 2009

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