Un couple d’agriculteurs de Treffieux a investi dans la construction d’une nouvelle exploitation agricole écologique. Une démarche innovante.

A première vue, l’exploitation agricole de Céline et Yves Fredoueil, établie en bordure du village de Treffieux, semble tout à fait ordinaire : une grange, une laiterie, un tracteur. Quoi de plus normal pour une ferme laitière de 87 hectares. Pourtant, en y regardant de plus près, certains détails attirent la curiosité du visiteur. Ici, peu de béton, pas de ferrage ni de laine de verre. Les différents bâtiments sont entièrement construits en pin sylvestre – une variété de bois quasiment imputrescible – et le sol de l’étable est en terre battue. Seul la dépendance utilisée pour la gestion de l’exploitation et la laiterie (pour d’évidentes questions d’hygiène) disposent d’une dalle de béton. Enfin, l’isolation de tous les murs a été réalisée en paille saupoudrée de chaux. Loin des hangars agricoles métalliques hideux qui pullulent dans les campagnes hexagonales, la ferme Fredoueil, qui se veut écologique et économe, est plutôt élégante, discrète et bien insérée dans le paysage.

Geste pour la planète

L'étable est entièrement construite en bois ; son sol est en terre battue. (Photo : Ph. Peter)

Cette ferme écolo n’est pas une lubie d’agriculteurs avant-gardistes, mais le fruit d’un projet mûrement réfléchi. « Nous sommes passés en agriculture biologique en 1998. Élever nos vaches dans un bâtiment écologique était donc logique », explique Yves Fredoueil. « Nous n’avons rien fait d’extraordinaire. Nous voulons simplement que la planète continue à vivre pour nos enfants ». La construction des bâtiments d’élevage a pris six mois et s’est achevée en novembre 2008. Celle de la maison d’habitation devrait prochainement débuter, mais les Fredoueil logent pour l’instant toujours dans leur ancienne exploitation située au centre du village. Le temps de digérer les importants investissements alloués à leur nouvelle ferme ; environ 263.000 euros, plus que pour une installation agricole classique. Le couple se veut cependant rassurant. « Le but n’était pas forcément de faire d’importantes économies financières, mais surtout de faire un geste pour la planète ». Les éleveurs devraient néanmoins parvenir à rogner de manière notable sur leurs dépenses en énergie, notamment grâce à l’installation d’un éclairage raisonné, la percée d’un puits artésien, l’utilisation de fourrages produits sur place ou encore la conduite économe de leur tracteur.

de notre envoyé spécial à Treffieux Philippe Peter

France-Soir, vendredi 11 décembre 2009

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