Spécialisée dans le domaine de la traite bovine, le ferme expérimentale de Derval teste différentes solutions pour une agriculture raisonnée et économe.

Montrée du doigt pour son implication dans certaines catastrophes écologiques, l’agriculture développe pourtant depuis plusieurs années des installations qui visent à réduire l’impact négatif de son activité sur l’environnement. Créée en 1973, la ferme expérimentale de Derval, spécialisée dans la traite bovine, en est un exemple. A la fois laboratoire et centre d’essai, les résultats de travaux menés sur la production de fourrages ou sur des équipements qui permettent de limiter la consommation en énergie des nouvelles laiteries y sont testés.

Avec ses 100 hectares de prairies et de champs, ainsi que ses 80 vaches laitières, la ferme Derval, située à une cinquantaine de kilomètres de Nantes, ressemble comme deux gouttes d’eau à n’importe quelle autre exploitation agricole. Elle s’est pourtant dotée il y a un an d’un tank à lait moins gourmand en énergie tout à fait novateur. « 80 % de l’électricité d’une exploitation agricole bovine est utilisée pour la traite », rappelle Marc Fougère, responsable de la ferme de Derval. « La nouvelle cuve à lait permet de réduire cette consommation d’un tiers par rapport à un appareil classique » grâce à une meilleure ventilation du système de refroidissement et la récupération de la chaleur dégagée par le liquide.

Robot de traite

L’établissement teste également depuis 2008 un robot de traite entièrement automatisé. « Les vaches se rendent d’elles-même à la trayeuse » où elles sont identifiées par un ordinateur. « Un bras mécanique nettoie ensuite chaque trayons avant d’y poser le gobelet trayeur ». La production de chaque animal est ensuite calculée afin d’établir des statistiques. Paradoxalement, s’il présente l’avantage de limiter la charge de travail de l’agriculteur, ce robot s’accompagne d’une augmentation notable de la consommation énergétique. Cette machine « révolutionnaire » a aussi un coût puisque les éleveurs qui souhaitent s’en doter devront débourser pas moins de 150.000 euros. Le douloureux prix du « confort ».

Maîtrise de l’énergie

Parallèlement, la ferme de Derval développe des programmes de maîtrise de la consommation en énergie. Plusieurs pistes sont explorées, notamment la mécanisation contrôlée, les chauffe-eau solaires ou encore la valorisation des engrais produits par la ferme. Les équipes de chercheurs de Derval travaillent également sur le projet « Quali’fourrages » dont le but revendiqué est de conforter l’autonomie alimentaire de chaque exploitation agricole. La luzerne et le trèfle, utilisés pour le fourrage, refont leur apparition. Les champs de moutarde et de phacélie (rétenteurs d’azote et engrais naturels) ou encore de miscanthus (dont les tiges séchées servent de combustible vert) abondent aux alentours de la ferme transformée en véritable serre géante à ciel ouvert. Un retour en quelque sorte à des cultures anciennes qui devraient, dans un avenir proche, retrouver leurs lettres de noblesse.

de notre envoyé spécial à Derval Philippe Peter

France-Soir, mercredi 9 décembre 2009

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