Deux agents de la ville de Suresnes sont partis dimanche pour une mission d’une semaine à Cap Haïtien. Objectif : mettre en place un plan de gestion des déchets.

Dans le cadre de la coopération décentralisée entre la ville de Suresnes et celle de Cap Haïtien, deux agents municipaux français se sont envolés, dimanche, pour une mission d’une semaine à Haïti. Située à 275 kilomètres au nord de la capitale Port-au-Prince, cette agglomération de près de 700.000 habitants ne dispose pour l’instant d’aucun système moderne de collecte des déchets. Les deux employés suresnois sont donc chargés d’aider à la mise en place d’un plan urbain de leur gestion. Il devrait permettre de résoudre en partie les problèmes environnementaux, sanitaires et sociaux que posent depuis des années les milliers de tonnes de détritus non-traités.

« Une grande majorité des déchets ne sont pas ramassés et simplement jetés dans les fossés », déplore Alain Cornouiller, directeur du pôle environnement et réseaux à la mairie de Suresnes. « Beaucoup sont même revendus et utilisés pour combler les mangroves et gagner des zones de construction » avec des conséquences évidemment désastreuses sur la santé des habitants, mais également sur la qualité des sols et des nappes phréatiques d’ores et déjà très pollués par les lixiviats, ces jus toxiques issus de la décomposition des ordures. Cette situation affecte également le développement touristique de la région qui disposerait d’un réel potentiel comparable à celui de sa voisine, la République dominicaine.

Transferts de compétences

Partis dimanche pour Haïti, Alain Cornouiller et Philippe Vasquez, responsable collecte et propreté à la mairie de Suresnes, y rencontreront tout au long de la semaine des élus locaux, de même que des techniciens avec lesquels ils feront le point sur les infrastructures de gestion des déchets déjà existantes. Celles-ci ont été conçues à l’origine pour 40.000 habitants, mais avec l’exode rurale et la croissance démographique, la population dépasse aujourd’hui les 700.000 âmes ! Autant dire que le travail ne manquera pas. « Nous sommes dans une logique d’échanges et de transferts de compétences. Il n’est pas question pour nous de porter un jugement sur la situation haïtienne en la comparant à la France ». Cette première mission de « reconnaissance » devrait être suivie par de nombreuses autres au fur et à mesure du développement du programme.

P.P.

France-Soir, mardi 8 décembre 2009

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