Une galerie parisienne consacre jusqu’au 31 janvier une exposition au monde aujourd’hui disparu des lupanars.

Interdites par la loi Marthe Richard en 1946, les maisons closes font à nouveau parler d’elles. Au présent, lorsqu’il s’agit de trouver une solution aux conditions désastreuses dans lesquelles les prostituées françaises exercent aujourd’hui le plus vieux métier du monde. Au passé, quand vient l’idée d’évoquer le faste de certains de ces anciens bordels parisiens, fréquentés à la Belle Époque par les membres de la haute société.

Ce monde disparu depuis plus de 60 ans revit à l’occasion d’une exposition réalisée par Nicole Canet qui se tiendra à la galerie Au bonheur du jour (2e) jusqu’au 31 janvier. Hasard ou destinée : elle est située juste en face du 12 rue Chabanais, un ancien lupanar qui a notamment été fréquenté par le futur Edouard VII à l’époque où il n’était encore que Prince de Galles. Éditrice, « archéologue » de l’érotisme et spécialiste de la photographie ancienne licencieuse, Nicole Canet a rassemblé environ 400 clichés rares signés Doisneau ou encore Brassaï, de même que des gravures, des dessins et des objets jadis utilisés dans ce que l’on qualifiait alors de lieu de perdition. Parmi les reliques exposées, des heurtoirs de portes en forme de phallus ou encore une visionneuse de plaques photographiques permettant de choisir un(e) partenaire.

Hôtels de luxe

Bien sûr, cette rétrospective n’est consacrée qu’aux claques haut de gamme, conçus comme de véritables hôtels de luxe et qui proposaient différents types de décors, d’ambiances et de « services » plus exotiques les uns que les autres. Des endroits régulièrement visités par certaines stars du show-business ou hommes politiques en manque d’érotisme et qui reflètent d’un certain art de vivre de la bonne société des années 1860 à 1946. Il faisait bon alors de se laisser aller à quelques excentricités lubriques sans que cela ne choque outre mesure. On est en tout cas bien loin des maisons de passes crasseuses qui pullulaient également en parallèle et qui sont à l’origine de l’interdiction généralisée de ce type d’établissement aujourd’hui remplacés par des hôtels de seconde zone miteux ou des services « à la demande ».

Renseignements : Au bonheur du jour, 11 rue Chabanais (2e), ouverture de la galerie du mardi au samedi de 14h30 à 19h30 ; 01.42.96.58.64. ; www.aubonheurdujour.net

P.P.

France-Soir, mardi 1er décembre 2009

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