Propriétaire d’un mas à Oppède, le réalisateur Ridley Scott mène la vie dure à un couple d’agriculteurs au motif que leur exploitation lui gâcherait le paysage.

Comme beaucoup de personnalités du show-business, Ridley Scott a été séduit par les charmes du Luberon. Il a donc acheté, il y a une dizaine d’années, un mas dans la petite commune d’Oppède, à quelques kilomètres de Cavaillon. Le cinéaste britannique n’y passe cependant qu’une quinzaine de jours par an, accompagnés par une horde de gardes du corps, de secrétaires et… d’avocats ! Car depuis cinq ans, le réalisateur de Kingdom of heaven mène une véritable croisade contre les époux Orset. Ces deux agriculteurs exploitent une ferme avicole biologique d’environ 1.400 volailles située à quelques centaines de mètres de la propriété du metteur en scène. Leur entreprise fonctionnant plutôt bien, ils ont décidé de la développer et ont obtenu de la municipalité un permis de construire pour plusieurs bâtiments dont un poulailler et une maison d’habitation.

Le bruit et l’odeur

Une décision qui n’est pas du tout du goût de Ridley Scott qui a décidé d’attaquer la commune en justice. Ses avocats ont déjà déposé pas moins de cinq requêtes pour trouble anormal du voisinage devant le tribunal administratif de Nîmes. « Ridley Scott n’a pas compris qu’Oppède n’était pas un village figé ! », s’énerve le maire, Albert Calvo. « Heureusement qu’il y a encore des jeunes agriculteurs qui préservent son caractère rural ». De son côté, le couple d’éleveurs ne comprend pas l’acharnement dont fait preuve le réalisateur. « Il se plait du bruit, de l’odeur. La vue de notre exploitation le dérange », explique Christophe Orset. « Il affirme que nous exerçons une activité industrielle ce qui est totalement faux ». Depuis son arrivée, Ridley Scott aurait racheté plusieurs autres maisons ainsi que des terrains à des prix exorbitants : « Il est prêt à payer 8 à 10 fois le prix de la terre pour être tranquille. C’est le propres des gens qui ont beaucoup d’argent ».

Le rapporteur de la République a examiné et rejeté la semaine dernière les requêtes déposées par le metteur en scène, mais le jugement est toujours en délibéré devant le tribunal administratif de Nîmes. Même si ce dernier devrait trancher en faveur d’Oppède, il n’est pas certain que Ridley Scott, qui semble se placer au-dessus des lois, accepte de se plier à la décision de la justice française.

Philippe Peter

France-Soir, samedi 28 novembre 2009

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