Un nouveau réservoir situé à 35 mètres sous la Seine est prêt à recevoir les eaux de pluie en cas de fortes précipitations.

A 35 mètres sous la Seine, un nouveau tunnel de stockage des eaux pluviales est désormais prêt à fonctionner. D’une capacité de 80.000 m3, soit l’équivalent d’un million de baignoires, ce réservoir mesure 6,80 mètres de diamètre et 1,8 kilomètre de long. Il vient s’ajouter aux autres déjà existants qui permettent de canaliser près de 800.000 m3 d’eau d’un coup. Le tunnelier qui a servi sur le chantier est le même que celui utilisé pour la percée du métro souterrain de Toulouse. « C’est le plus gros tunnel de stockage en Europe », indique Gérard Mary, directeur des grands travaux au Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap). Fermés par de lourdes portes étanches, on y accède par un interminable escalier hélicoïdal situé sur un quai de la Seine, à proximité de la bibliothèque François Mitterrand.

Égouts saturés

Comme dans toutes les grandes villes, le sol de Paris est entièrement bétonné ou recouvert de goudron ce qui empêche l’eau de s’infiltrer naturellement. La construction de cet immense souterrain, qui aura tout de même duré cinq ans et coûté 120 millions d’euros, a donc été décidée afin d’anticiper les risques de débordement du réseau d’égouts de la capital aujourd’hui quasiment arrivé à saturation. En cas de fortes pluies, l’eau y sera stockée avant d’être évacuée vers une des stations d’épuration du Siaap, à Valenton (Val-de-Marne), où elle sera retraitée. Une fois rempli, l’ouvrage d’art peut être vidé en moins d’une journée afin d’être à nouveau opérationnel. Cette mesure préventive permettra d’éviter que les eaux de ruissellement, toujours très sales et polluées, ne s’écoulent directement dans la Seine. « Après une longue période de temps sec, c’est la grande lessive : les eaux drainent tous les résidus de la circulation automobile, les mégots, les crottes de chien », explique Michel Gousailles, directeur du développement au Siaap. Ce qui n’est évidemment pas du goût des poissons qui peuplent le fleuve et notamment les saumons qui y ont refait leur apparition, preuve s’il en est d’une amélioration de la qualité des eaux.

P. P.

France-Soir, mardi 24 novembre 2009

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