Créateur du musée du slip de Bruxelles, l’extravagant Jan Bucquoy expose ses œuvres décalées à Paris jusqu’au 21 novembre.

Jan Bucquoy fête ses 40 ans d’art subversif. A cette occasion, il a décidé d’ouvrir une section française à son fameux musée du slip, fondé à Bruxelles en 1990. « Je travaille beaucoup sur le thème de l’égalité. Nous sommes tous égaux devant le slip et cette idée m’a semblé intéressante à développer », explique le trublion belge. « Selon le credo chrétien ou marxiste, nous sommes tous frères et nous devrions tous avoir le même salaire. Cela n’est évidemment pas le cas car nous avons introduit la notion de hiérarchie ». Et de nous mettre en situation : « Vous adoptez une attitude spécifique avec votre rédacteur en chef car il est dans une position de supériorité hiérarchique par rapport à vous. Imaginez-le maintenant en sous-vêtements ; cet ascendant disparaît totalement ». L’argument, qui semble imparable, ne sera pas forcément au goût dudit rédacteur en chef…

Tour de France

Très influencé par les surréalistes, Jan Bucquoy est un touche-à-tout : cinéma (La vie sexuelle des Belges), bande dessinée (plusieurs albums d’aventures pornographiques de Tintin), sculpture, huile (de friture) sur toile… L’idée d’utiliser le slip comme instrument d’autodérision ne lui a donc pas semblé saugrenue. Sous verre et encadrés, accompagnés de la signature du donateur et d’un certificat d’authenticité, l’artiste, un brin anarchiste, expose environ 25 sous-vêtements offerts par certaines personnalités séduites ou amusées par le concept. L’ex-star du porno Brigitte Lahaye, le journaliste Guillaume Durand ou encore le vice-premier ministre belge Didier Reynders : tous ont accepté de donner leur culotte au nom de l’art. « Je n’attend plus que ceux du couple présidentiel français ! ». Une trentaine de collages, qui s’échinent à démystifier le sacré et le politiquement correct, seront également présentés.

Après une halte à Paris, Jan Bucquoy rêve de transformer son musée en une exposition itinérante. « Je voudrais faire un tour de France, mais ce n’est pas facile car beaucoup de municipalités refusent d’exposer mes œuvres. J’étais très heureux que Paris accepte. Christophe Girard, adjoint au maire, a même agrandi ma collection ! ». Dans les prochains mois, le musée du slip devrait s’installer à Lille, Strasbourg, Nancy ou encore Toulon, mais aucune date n’est encore définie.

Découvrir : galerie Immanence, 21 avenue du Maine (15e), jeudi au samedi de 14 heures à 18 heures ou sur rendez-vous.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 17 novembre 2009



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