Panos H. Koutras s’attaque à la transsexualité. Un sujet difficile qu’il traite sans voyeurisme malsain.

Après 14 années de détention, Yiorgos retrouve enfin la liberté. Il se met en quête de son fils dont il a totalement perdu la trace depuis son incarcération. Réfugié dans un hôtel miteux, il rencontre Strella, une transsexuelle qui chante dans un cabaret et arrondit ses fins de mois en se prostituant. Contre toute attente, une passion naît entre eux. Ils entament une vie de couple apaisée jusqu’au jour où les vieux fantômes du passé viennent troubler cette belle histoire encore balbutiante.

En abordant la transsexualité, Panos H. Koutras s’attaque à un sujet particulièrement difficile à traiter au cinéma. Les producteurs ayant catégoriquement rejeté son scénario, il a entièrement autoproduit son troisième long-métrage. Aucun acteur professionnel n’a par ailleurs accepté de jouer dans son film, estimant le sujet trop délétère. Malgré toutes ces difficultés, le réalisateur grec livre une œuvre puissante et profonde, se mettant à l’abri de toute controverse légitime en évitant les écueils du folklore à plumes et du trash malsain. Une histoire d’amour impossible et de retrouvailles improbables dans un univers malgré tout teinté d’une certaine perversité déstabilisante.

Philippe Peter

France-Soir, mercredi 18 novembre 2009

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