Les fouilles archéologiques menées dans un ancien cimetière de La Ciotat ont permis d’étudier les pratiques funéraires de nos ancêtres.

Le projet de construction d’un immeuble et d’une place a permis le lancement d’une campagne de fouilles sur le site de l’ancien cimetière du quartier Saint-Jacques, à La Ciotat. Celui-ci avait été utilisé entre 1581 et 1831, avant d’être transféré au Mont Saint-Esprit. Une équipe d’une trentaine de chercheurs de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a ainsi mis à jour, depuis mars, près de 1.200 tombes. Cette campagne devrait permettre de mieux connaître l’évolution des pratiques funéraires et de la démographie de la ville.

Au Moyen-Age, le petit port de pêcheurs ne comptait que 200 habitants. Pourtant, au 16e siècle, du fait notamment de l’arrivée massive d’immigrants génois fuyant la guerre civile, la population a rapidement atteint les 10.000 âmes. « C’est exceptionnel d’avoir un tel témoignage d’un phénomène d’immigration et du passage d’un village à une ville », s’enthousiasme Mark Guillon, responsable de la programmation scientifique de l’Inrap. « Ces fouilles apportent des informations sur les gens simples », ajoute-t-il. Peu de fouilles de cimetières datant de l’époque moderne (1492-1789) avaient jusqu’à présent été menées.

Les habitants vivaient « vieux »

Aux 16e et 17e siècle, les morts étaient simplement enveloppés dans des linceuls puis enterrés dans des fosses. Les cercueils en bois ne sont apparus qu’au 18e siècle et les défunts étaient alors souvent habillés. A cette époque, les pierres tombales n’étaient toutefois pas encore nominatives. Une centaine de chapelets ont également été retrouvés, de même que des crucifix et des médailles, preuves de la dévotion religieuse de cette population catholique.

D’un point de vue anthropologique, les premiers résultats basés sur 223 sépultures révèlent que beaucoup d’habitants sont morts relativement vieux pour l’époque, c’est-à-dire au-delà de 40 ans. Précisons que l’épidémie de peste, qui a frappé la Provence en 1720, avait alors épargné La Ciotat.

Les archéologues vont désormais tenter de retracer l’évolution de la composition sociale de la population inhumée dans ce cimetière en comparant leurs découvertes avec les registres paroissiaux dont les plus anciens remontent à 1575.

P.P.

France-Soir, jeudi 12 novembre 2009

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