Une femme qui semble comblée par la vie se remémore sa jeunesse tumultueuse pour échapper à la platitude de son existence.

Belle, intelligente, dévouée. Pippa Lee est le stéréotype de la femme idéale. Mariée à un éditeur new-yorkais de 25 ans son aîné, elle n’hésite pas à l’accompagner dans sa confortable retraite provinciale. Elle prend pourtant peu à peu conscience que ce train de vie monotone ne lui convient plus. Las de son rôle de confidente, usée par les sautes d’humeur d’une fille ingrate et les infidélités d’un époux cavaleur, elle décide enfin de se rebeller et de retrouver un peu de sa jeunesse frénétique très « Sex, drugs and rock’n’roll ».

Les vies privées de Pippa Lee (The private lifes of Pippa Lee) est l’adaptation cinématographique de la nouvelle éponyme de Rebecca Miller. Celle-ci s’est également chargée d’en écrire le scénario et de la réaliser. Pratiquant un cinéma simple mais bien structuré, Rebecca Miller nous embarque très vite dans l’histoire a priori guère passionnante d’une mère de famille lambda. Le récit coule, sans détour superflu, et les flash-back, toujours pertinents, s’y intègrent parfaitement en évitant de troubler inutilement le spectateur. Robin Wright Penn (Forrest gump, Une bouteille à la mer, Incassable) excelle dans le rôle de cette quinquagénaire qui n’accepte plus d’être admirée de tous uniquement pour son altruisme. Sans fausse note, il parvient à incarner toutes les facettes de son personnage finalement plus complexe qu’il n’y paraît. Cette double touche féminine rend le film très touchant sans pour autant le faire tomber dans les geignements habituels d’une comédie romantique classique.

Philippe Peter

France-Soir, mercredi 11 novembre 2009

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