Une association de riverains de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle s’insurge contre l’extension des terrains et des bâtiments mis à la disposition de la société Fedex.

Nouveau coup de poignard dans le dos des membres de l’association de défense contre les nuisances sonores (Advocnar). La société Fedex, spécialisée dans le transport international de fret, a récemment annoncé l’ouverture de l’extension de son centre de tri implanté à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. La superficie de celui-ci a quasiment doublé ce qui permettra d’augmenter de manière appréciable ses capacités de tri. Problème : cette expansion devrait faire grimper en flèche le nombre de vols de nuit de la compagnie américaine ce qui n’est pas du goût des riverains. « Cela n’apportera que des nuisances supplémentaires sans qu’aucune création d’emploi n’ait été annoncée », déplore Alain Péri, responsable presse d’Advocnar. « La croissance économique se fait systématiquement au détriment des populations qui vivent à proximité du site ».

S’appuyant sur un rapport de la Cour des compte datant de juillet 2008, l’association dénonce le manque de clarté dans la cession des terrains qui auraient été « bradés » par Aéroport de Paris sans réelles contreparties. Fedex a également annoncé un accroissement de sa capacité de stockage de produit dangereux – un terme « peu clair qui englobe quantités de marchandises » – ce qui signifierait qu’elle compte aussi en transporter plus, d’où l’inquiétude de l’Advocnar face aux risques que présentent de telles cargaisons pour des zones à forte densité de population. Enfin et surtout, l’extension du centre de tri « ne va pas dans le sens d’une diminution et, à terme, d’une suppression des vols de nuit », particulièrement nuisibles à la santé des habitants des communes voisines. « Des études ont montré que ce bruit répétitif durant le sommeil avait des conséquences catastrophiques sur les organismes avec une baisse de la concentration ou encore une augmentation du stress », souligne Alain Péri.

Manque de volonté

Depuis novembre 2008 et l’annonce de l’entame de négociations entre les partenaires publics, Aéroport de Paris et les associations de riverains, Advocnar espérait un déblocage rapide la situation. « Rien n’a été fait pendant un an et le comité de pilotage de la charte de développement durable de Roissy-Charles de Gaulle vient à peine d’être formé », regrette Alain Péri. « Le problème est que les compagnie aérienne sortent toujours l’argument-clef, à savoir la possible création d’emploi » contre lequel « on ne peut rien faire ». Entre temps, 160 avions décollent chaque nuit du tarmac de Roissy pour le plus grand malheur du sommeil des populations survolées.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 27 octobre 2009

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